Naipaul, l'Inde fantôme

Naipaul, l'Inde fantôme

Je n'ai pas à proprement parler de passé qui me soit accessible, de passé que je puisse pénétrer et contempler ; et je souffre de ce manque. Je connais mon père et ma mère, mais je ne peux aller au-delà. Mon ascendance est brouillée. » Excellent début de récit que l'on pourrait donner en exemple dans un cours de creative writing. Tout y est : le rythme, le saut immédiat dans le vif du sujet, et la déclaration de « maladie de l'âme ». Le reste un court récit de cent pages est à l'avenant : naturel, libre et efficace. À 77 ans, le prix Nobel de littérature 2001, V. S. Naipaul, qui, comme on le sait, né et élevé à Trinidad avant de s'établir en Angleterre, n'a jamais vécu en Inde, terre de ses ancêtres, s'interroge sur cette absence d'images et de souvenirs qui pourtant l'a fondé. De cette Inde disparue, il n'a jamais recueilli par ses grands-mères déjà établies à Trinidad que des bribes, atténuées, déformées, mythifiées. C'est en lisant passionnément les autobiographies de Gandhi bell ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard