Nafar

Nafar

Au bord du fleuve Meriç, qui sépare Grèce et Turquie, un homme va se jeter à l'eau. Il vient de Syrie, où il tenait un café, est passé par Istanbul, où on l'a vu comme un « nafar », à la fois un étranger et un migrant, et rêve de la Suède. La narratrice relate ses hésitations à la deuxième personne du singulier - et elle a de bonnes raisons de se montrer si familière. Par analepses, elle montre la Syrie déchirée, l'attente en Turquie, une rencontre amoureuse, les départs ratés... Au moyen d'une écriture ample qui ne craint ni le lyrisme ni les références antiques, l'autrice donne à voir la réalité d'un migrant comme si l'on se trouvait à ses côtés. Une réalité qui vient s'opposer aux statistiques par lesquelles on évacue la question.

 

À lire : Nafar, Mathilde Chapuis, éd. Liana Levi, 160 p., 15 E

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