Nabokov, cadavre exquis

Nabokov, cadavre exquis

Ceux qui, rengorgés de morale ou de supposé goût littéraire, se veulent plus royalistes que le roi et font la fine bouche depuis six mois devant la publication autorisée par Dmitri Nabokov des 138 fiches gestatives de ce qui devait être l'ultime roman de son père se montrent, au fond, bien peu « nabokoviens ». C'est-à-dire de piètres « lecteurs créatifs ». Car il est probable que le premier titre devenu sous-titre envisagé par l'auteur - Dying is Fun - fait non seulement allusion aux procédures mentales par lesquelles le principal personnage du livre s'essaie à mourir par autodissolution extatique mais inclut, comme d'outre-tombe, la réjouissante perspective parfaitement vérifiée d'un retentissement planétaire posthume sonnant en millions de dollars. Oui, mourir est amusant quand on s'appelle Nabokov et qu'en maître des échecs on dispose de quelques coups d'avance. Inutile donc de polémiquer. Comme de bouder son plaisir. Car même désordonné par essence, même obscur par son chaos nar ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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