Mystère d'un tiret

Mystère d'un tiret

Que signifie donc le trait d'union du judéo-christianisme ? Cette notion, assez récente au demeurant, a pu justifier des positions très diverses, sinon antagonistes.

Peut-on déduire une philosophie de la typographie ? Quelle valeur accorder au trait d'union entre deux noms communs ? Renvoie-t-il à l'ordre de l'ontologie (consubstantialité, identité), de la chimie (adhérence, fusion), de la politique (alliance, parti), de la stratégie (coalition, empire), du sentiment (complicité, fraternisation), de la chair (accouplement, conjugalité) ? La grammaire du tiret informe-t-elle la réalité des choses ? L'union qui en ressort se révèle-t-elle communion ou collusion ? La sympathie engage-t-elle la synthèse, la symphonie, la symbiose ou aboutit-elle au syncrétisme ? S'agissant du judéo-christianisme, aucune de ces questions n'est de trop.

Historiquement, pour être récente, la question ne se présente pas moins embrouillée, allant de construction idéologique en contrariété polémique. Elle se pose et se dispose au cours de ce XIXe siècle si interminable qu'il nous poursuit encore. Résumons. Il y va d'abord, en 1831, d'une affaire allemande et protes ...

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