Mourir à 30 ans

Mourir à 30 ans

Ami et inspirateur de Drieu la Rochelle, Jacques Rigaut écrivait peu, raillait beaucoup, portait le suicide à la boutonnière. Il organisa sa mort avec une minutie de poète.

La mort, c'est plus ou moins bavard. Celle de Jacques Rigaut dit tout : la résorption des antagonismes en un seul acte autant que l'affirmation de soi au moment du baisser de rideau. Après tout, se supprimer, c'est encore agir. La scène ultime, car il faut ici commencer par la fin, se déroule dans la maison de santé du Dr Le Savoureux, sise à la Vallée-aux-Loups, Châtenay-Malabry. À la fin de 1929, Rigaut y soigne son accoutumance à la drogue. Le 6 novembre, il rentre au petit matin, épuisé après une nuit dont on ne sait rien, mais qui fut sans doute « noire et blanche », pour reprendre l'expression de Nerval au sujet de celle qu'il pressentait pour lui la dernière. La veille au soir, après une représentation théâtrale et un dîner au Grand Écart, un restaurant de Montmartre, des amis l'ont laissé place de l'Étoile, où il leur a dit rejoindre à Montparnasse son ami Marcel Herrand, le Lacenaire des Enfants du paradis.

Maintenant, le taxi qui l'a amené s'arrête devant l ...

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