Moravia : « Tout cela, l'Italie l'a perdu »

Moravia : « Tout cela, l'Italie l'a perdu »

L'écrivain Alberto Moravia, au lendemain de la mort de son ami, lui rend hommage sous plusieurs formes. Aussi dissemblables qu'inséparables, les deux hommes partageaient les mêmes ennemis.

Au Campo de' Fiori, trois jours après l'assassinat de Pasolini, un rassemblement spontané, populaire, eut lieu le 5 novembre autour du cercueil de Pasolini. Alberto Moravia, qui le considérait comme un frère depuis qu'il avait fait sa connaissance, vingt ans plus tôt, par l'intermédiaire d'Elsa Morante, improvisa un discours d'une voix brisée par l'émotion et l'indignation. Ils avaient dirigé ensemble la revue Nuovi Argomenti, ils avaient souvent commenté leurs oeuvres respectives, ils avaient polémiqué sur l'école, sur la langue, sur le cinéma, sur l'avortement, sur l'homosexualité, sur le sous-prolétariat. Leurs avis divergeaient parfois, mais jamais assez pour les brouiller. En gros, malgré la différence d'âge (Moravia avait quinze ans de plus), d'origine sociale (Moravia était d'origine bourgeoise), de notoriété (Moravia était beaucoup plus connu mondialement que Pasolini) et de parcours, leurs combats, littéraires, politiques, sociétaux étaient les mêmes, leurs ennemis ...

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Grand entretien

Jean Starobinski (© Gallimard)

Jean Starobinski
Hommage à ce grand théoricien de la littérature

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