Moravia : « Tout cela, l'Italie l'a perdu »

Moravia : « Tout cela, l'Italie l'a perdu »

L'écrivain Alberto Moravia, au lendemain de la mort de son ami, lui rend hommage sous plusieurs formes. Aussi dissemblables qu'inséparables, les deux hommes partageaient les mêmes ennemis.

Au Campo de' Fiori, trois jours après l'assassinat de Pasolini, un rassemblement spontané, populaire, eut lieu le 5 novembre autour du cercueil de Pasolini. Alberto Moravia, qui le considérait comme un frère depuis qu'il avait fait sa connaissance, vingt ans plus tôt, par l'intermédiaire d'Elsa Morante, improvisa un discours d'une voix brisée par l'émotion et l'indignation. Ils avaient dirigé ensemble la revue Nuovi Argomenti, ils avaient souvent commenté leurs oeuvres respectives, ils avaient polémiqué sur l'école, sur la langue, sur le cinéma, sur l'avortement, sur l'homosexualité, sur le sous-prolétariat. Leurs avis divergeaient parfois, mais jamais assez pour les brouiller. E ...

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Grand entretien

Sarah Schulman

Sarah Schulman
Écrivaine, militante LGBT et activiste de longue date à Act Up New York