Molière sur les nerfs

Molière sur les nerfs

Le dramaturge a toujours pris au sérieux la question des troubles mentaux. Cette fascination, omniprésente dans son oeuvre, culmine avec Le Malade imaginaire.

L'époque qu'en France on dit classique a dégagé sa lucidité rayonnante d'un fond obscur d'humeur noire où l'Europe baroque enfonçait son universelle mélancolie. Avec la même ambivalence, le rire lumineux de Molière n'aura cessé de fouiller ces ténèbres de toute son acuité critique. Et pas seulement parce que le misanthrope, qualifié explicitement d'atrabilaire, oscille entre les fureurs ridicules où le plonge sa bile noire atra bilis en latin et la lucidité que son humeur sombre garantit au scalpel précis qu'il manie sur les reins et les coeurs : on sait depuis toujours que la mélancolie autorise l'acuité de l'esprit au péril de sa déroute dans l'aliénation. Non, bien d'autres symptômes trahissent dans toute l'oeuvre de Molière le sentiment persistant que l'homme est un fou qui s'ignore. Ses comédies s'organisent en une dramaturgie de l'imagination égarée par les folies douces ou agressives, privées ou collectives, que nos obsessions et nos chimères impriment à l'esprit du temps et ...

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