MICHEL QUINT

MICHEL QUINT

Dans le domaine français, mon roman policier préféré serait peut-être Maigret à Vichy de Simenon (1967). C'est une préférence en creux, pour le tour de force littéraire : Maigret hors de son bocal n'enquête pas en tant que commissaire, mais réordonne le monde, le masque en oubliant les ombres pétainistes de la ville. Simenon ne figure pas parmi mes auteurs favoris, mais parmi ceux qui comptent (au même titre que Manchette, González Ledesma, Ellroy, Lehane ou Meyer, qui élucident le monde, mais écrivent plus des romans noirs que policiers). Entre romans policiers et littérature blanche je n'établis pas de différence, sauf pour la qualité. À l'inverse, je fais une distinction entre littérature noire et policière : le roman noir est le roman du tragique dans le quotidien, le citoyen court à sa perte et le sait, dominé par une fatalité, la parole des puissants. En cela le roman noir déstabilise, inquiète, est insurrectionnel. L'injustice demeure, alors que le roman policier off ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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