Michel Déon « Un talisman »

Michel Déon « Un talisman »

Il a fallu la communication faite par un éminent professeur, à la Sorbonne, lors d'un colloque sur mon oeuvre, pour que je prenne la mesure de l'importance de Stendhal dans mes livres. Très souvent, finissant un livre, j'ouvre Stendhal et j'y trouve une phrase qui justifie mon roman et lui permet de dépasser son propre destin en s'accrochant à Stendhal. Je relis surtout ses notes personnelles, le Journal, Henry Brulard, les Souvenirs d'égotisme. Et c'est là que le matin je trouve l'impulsion pour mon propre travail. Mais je n'avais pas à ce point conscience qu'il n'y a pas un livre que j'écris sans au moins une citation de Stendhal, sans quelqu'un qui part pour la guerre avec un Stendhal en poche, comme ce fut d'ailleurs mon cas. Stendhal, c'est pour moi comme une piqûre de vitamines, comme le signe de la liberté de l'écriture : des bêtises, il en a écrit beaucoup ! Il autorise son lecteur à être simplement naturel, à ne pas prétendre tout le temps voler très haut. Dans ma bibliothè ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard