Mes hommages les plus sinueux

Mes hommages les plus sinueux

Même dans les salons les plus huppés, comme on dit - étrange épithète, la huppe étant un oiseau d'une saleté proverbiale -, les messieurs ne susurrent plus guère « Mes hommages », en baisant la main d'une dame. Le verbe baiser, d'ailleurs, a étrangement tourné.

Cependant, parmi les mots de la politesse surannée et des valeurs négligées, comme l'honneur ou la vertu, l'hommage résiste vaillamment. Dans le langage politiquement correct, que les politiciens pratiquent tout en le vilipendant, on « rend hommage » à tour de bras. Les célébrations, décorations, compliments et monuments sont autant d'hommages adressés aux personnes ou aux valeurs. Ils sont alors individuels. Curieusement, les hommages collectifs ne vont plus à des êtres admirés, célébrés, portés en triomphe, mais à des victimes.

La façon de parler la plus banale, rendre hommage, et non pas donner, suggère qu'un bon hommage est forcément dû et mérité. Décidément, notre langue est optimiste.

Quoi qu'il en ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.