Marxiste en apesanteur

Marxiste en apesanteur

Au sein d'une constellation intellectuelle qu'il n'eut de cesse de décentrer, Pasolini noua avec Jean-Paul Sartre une relation féconde mais sans complaisance.

Penseur corsaire et marxiste hérétique, Pier Paolo Pasolini a « jet[é] son corps dans la lutte », dénonçant sans relâche les mécanismes de domination qui lui étaient contemporains. Intellectuel de gauche, mais aussi profondément critique de ce que la gauche est devenue, Pasolini avait « vocation à la marginalisation » - pour reprendre l'expression d'Umberto Eco. Il n'a pas hésité à abjurer son propre travail, adaptant sans cesse sa tâche au présent. Cette modalité d'abjuration était ce qui lui permettait de résister à la tentation d'annunzienne d'adhérer au « nouveau fascisme » et de ne jamais céder à la société de consommation.

« Je ne suis ni apolitique, ni indépendant, je suis seul. C'est cette solitude d'ailleurs, qui me garantit une certaine objectivité, fût-elle extravagante et contradictoire (1). » S'il se dit seul, Pasolini s'inscrit dans une constellation intellectuelle assez impressionnante. À Monteverde, le quartier de Rome où il s'installe en 1954 ...

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Entretien

Michel Winock © Ed. Perrin

Michel Winock : « Il ne faut pas enterrer la gauche trop vite »

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