On a marché sur l'amour

On a marché sur l'amour

Les amoureux transis sont depuis belle lurette morts de froid. Pour François De Smet, philosophe des enjeux contemporains, sauf miracle, toute idylle relève à présent d'une logique marchande inégale, cruelle et à sens unique. État des lieux.

Au moment où nous rencontrons François De Smet, l'auteur d'Éros capital, Yann Moix vient d'avoir une sortie malheureuse sur son absence de désir pour les femmes de 50 ans, « invisibles » à ses yeux. Dans Libération, il se défendait, face au tollé : « Mes mots, comme mes goûts, n'ont pas valeur de modèle universel. Ces goûts, ces inclinations, ces penchants, qui sont miens, je n'ai pas à en répondre », écrivait-il, semblant ne pas voir que ses goûts « personnels » (pour les femmes jeunes donc, et de préférence asiatiques) collaient étrangement au sens du marché. Teaser rêvé pour François De Smet, qui écrit : « Derrière les beaux mots de liberté d'aimer se cache un marché qui ne dit pas son nom, et qui recèle par nature des inégalités, des cruautés, des absences de réciprocité. »

Comment se choisit-on ? Cela nous semble parfois évident : ainsi, on devine - on se trompe peut-être - ce qu'échangent Melania et Donald Trump. Ça l'est parfois moins : l'amour, on l' ...

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