Marcel et Marcel Proust et Duchamp

Marcel et Marcel Proust et Duchamp

Si l'auteur ne se considère pas comme un membre de l'avant-garde, il n'y est pas insensible. Il est peu probable qu'il ait eu connaissance des premiers ready-mades. Mais Chardin lui en donne le pressentiment.

Marcel Proust ne sait pas qui est Marcel Duchamp. Il n'a donc jamais entendu parler de l'affaire de la « fontaine », l'urinoir en porcelaine que l'ex-peintre cubiste envoie aux Indépendants de New York en avril 1917, et qu'il a signé du pseudonyme « R. » de Richard « Mutt ». La Fontaine de Richard Mutt appartient à la catégorie des ready-mades, ou « objets manufacturés promus à la dignité d'objets d'art par le choix de l'artiste » je cite André Breton. Un ready-made, soyons précis, n'est pas à proprement parler un objet, plutôt un geste ou une idée que propose un artiste. En somme, Duchamp, en 1917, invente une image nouvelle, une métaphore troublante. Son jeu est un jeu de langage.

S'agissant de ses oeuvres d'art « prêtes à consommer », Duchamp déclare en 1961 : « Il est un point que je veux établir très clairement, c'est que le choix de ces ready-mades ne me fut jamais dicté par quelque délectation esthétique. Ce choix était fondé sur une réaction d'indifférence visuelle, a ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé