Manque de peau

Manque de peau

Une fille, écorchée vive au sens propre, fait la fierté de sa mère. Un conte cruel et grinçant, riche en greffes et en substances collantes.

Issue d'une lignée de femmes aux gènes malades depuis le XVIe siècle, Ninon court de cabinets de médecins en thérapeutes fantaisistes pour tenter de soigner son mal mystérieux survenu à l'adolescence. Pour elle, ça sera une « allodynie tactile dynamique », extension imaginaire d'une maladie rendant la peau hypersensible, se traduisant par la sensation d'être écorchée vive au niveau des bras. En apprenant le mal de sa fille, sa mère, elle-même atteinte d'une affection des yeux, oscille entre inquiétude et fierté : Ninon entre dans le récit familial, et ce n'est pas trop tôt !

Si le titre sonne comme un manuel scolaire, le thème présageant un tire-larmes au parfum de gel hydroalcoolique, Joy Sorman trompe bien son monde. L'autrice de La Peau de l'ours - fable racontant les tristes aventures d'un demi-ursidé - cherche plutôt à explorer les frontières entre l'homme et l'animal. Terrée dans sa chambre, ne tolérant que les rares visites de sa mère, Ninon s'identifie au hé ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard