Mangeurs d'opium à Bombay

Mangeurs d'opium à Bombay

Ce livre commence et finit par le même mot : « Bombay ». Et Bombay est de presque toutes les pages (excepté un long détour par la Chine de Mao), au point de rupture de deux forces contraires, l'une centrifuge qui voudrait nous éloigner de ce coeur malade, gonflé d'opium et de mort, l'autre centripète qui attire tel le vortex les noyés. Bombay fascine comme une bombe endormie dont on ne peut s'empêcher de caresser le détonateur. L'auteur lui-même, dans ses habits de narrateur duplice, cherche à vous en écarter par un prologue d'une seule et longue phrase de huit pages, mais c'est un hameçon, brillant comme la première pipe d'opium offerte qui vous clouera pour vingt ans sur l'oreiller de bois d'une fumerie sordide où tous les cauchemars se prennent pour des rêves.

Jeet Thayil est né au Kerala en 1959, et Narcopolis est son premier roman, écrit à 50 ans, après s'être fait connaître comme poète et musicien, et l'aveu d'avoir perdu deux décennies dans l'alcool et la drog ...

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Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

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 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon