Manchette, le maestro masqué

Manchette, le maestro masqué

Vingt ans après sa mort, Jean-Patrick Manchette apparaît comme l'un des plus meilleurs écrivains français de son temps et le parangon de nombreux auteurs ultérieurs, Jean Echenoz en tête. Il publia dans la Série noire des merveilles d'intelligence artistique, maîtrisant jusqu'à leur boitement.

Au néophyte, il est d'usage de conseiller les grandes oeuvres de la maturité, Le Petit Bleu de la côte ouest, sans doute pour sa virtuosité digressive, ou La Position du tireur couché, inversement pour son aride noirceur. Abordons Manchette par un autre biais, plus juvénile : il va avoir 30 ans, nous sommes en 1971, une de ces années où il s'épuise en besognes diverses et souvent ingrates, tour à tour scénariste, adaptateur, nègre pour une speakerine. Et il écrit Ô dingos, ô châteaux ! - qui respire la santé. « L'homme que Thompson devait tuer, un pédéraste coupable d'avoir séduit le fils d'un industriel, entra dans sa chambre » : première phrase, premier passé simple et premier mouvement. L'intrigue est lancée : elle demeurera linéaire, ramassée, essentiellement factuelle ; elle avancera à coups de petits paragraphes et de courts chapitres ; les violences y seront régulières et spectaculaires (perforations, combustions, gerbes de sang), les dialogues nomb ...

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