Trois séries qui doivent beaucoup à la littérature

Trois séries qui doivent beaucoup à la littérature

TRUE DETECTIVE

« True Detective, c'est nul, et ils m'ont tout pris », nous disait en substance et en avril dernier un James Ellroy ravi Certes, la série emprunte joyeusement à l'esthétique et aux thèmes du maître du polar américain. Mais True Detective, écrite par le romancier Nic Pizzolatto, puise à d'autres sources. Dans le genre littéraire Southern gothic, notamment, promu par Donna Tartt (Le Petit Copain) ou Ron Rash. Dans l'oeuvre de Lovecraft également, par son thème d'un culte secret d'adorateurs du mal pratiqué par une communauté dégénérée jadis issue de la piraterie. Et dans l'étrange livre onirique de Robert W. Chambers, Le Roi en jaune, dont les dégénérés précités ont tiré leur mythologie païenne et sacrificielle.

THE WIRE (SUR ÉCOUTE)

À sa sortie, en 2002, The Wire a sidéré les policiers par son extrême réalisme. Et pour cause ! Cette série, dont la première saison met en scène les dealers d'un quartier noir de Baltimore d'un côté, les policiers qui les surveillent de l'autre, a été créée par le journaliste et romancier David Simon, spécialiste du genre dit true crime (romans policiers où tout est vrai). Celui-ci s'est inspiré des fictions de Richard Price (Clockers), qui, en préalable à chaque roman, passe un, deux, voire trois ans dans les quartiers qu'il décrit (lire aussi p. 48). L'écrivain a d'ailleurs participé à l'écriture de la série, avec d'autres grands noms du polar, tels George Pelecanos ou Dennis Lehane.

EMPIRE FALLS

L'écrivain Richard Russo (Quatre saisons à Mohawk ouLes Sortilèges du cap Cod, chez 10/18) est souvent décrit comme un « Stephen King, sans le fantastique ». Et certes, comme le maître de l'horreur grand public, il a un don pour décrire en détail, et avec force personnages emblématiques, de petites villes américaines délaissées, et pour relater leur dissolution languide. En 2001, il fit paraître Empire Falls (en français, Le Déclin de l'empire Whiting), sur une de ces cités du Maine, qui lui valut le prix Pulitzer : un narrateur patron de grill qui n'a jamais quitté la ville, son frère cuisinier et ancien délinquant, sa fille et ses amours, son ex-femme et son régime, et surtout sa Némésis, Mme Whiting, femme la plus riche et puissante de la ville, propriétaire du grill. La chaîne HBO ne pouvait rater ça. Empire Falls a été adapté en minisérie en 2005, avec un casting prestigieux, rassemblant notamment Philip Seymour Hoffman et Paul Newman, pour sa dernière apparition sur les écrans.

Nos livres

« Par les routes », Sylvain Prudhomme,  éd. L'Arbalète/Gallimard

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

OCTOBRE :

 Microclimat judiciaire : entretien avec Judtih Rochfeld

► De Big Brother à Big Other : inédit du dossier Orwell-Huxley

► « Le génie français, c’est la liberté ! » : version longue de l'entretien avec Laurent Joffrin

SEPTEMBRE :

► L'identité et ses (im)postures : critique du Nom secret des choses de Blandine Rinkel

 Souvenirs de la maison close : critique de La Maison d'Emma Becker

 Le feu au lac : version longue de l'entretien avec Kevin Lambert

 

© Louison pour le NML

© Louison

Les écrivains journalistes avec RetroNews

Pour accompagner notre dossier sur la littérature érotique, nous vous proposons de plonger, en partenariat avec Retronews, le site de presse de la Bnf, dans la vie de Rachilde, la reine des décadents.

Illustration : Le journal des Débats, 27 mars 1899 - source : RetroNews-BnF