L'ultime stèle de Victor Segalen

L'ultime stèle de Victor Segalen

Il y a cent ans, le corps sans vie de l'auteur de René Leys et des Immémoriaux est retrouvé dans une forêt bretonne. Retour sur les dernières années désenchantées d'un auteur qui a su mêler médecine, archéologie, ethnologie, fiction et poésie.

Le 23 mai 1919, on retrouvait le corps de Victor Segalen sur une butte de la forêt bretonne du Huelgoat surplombant la rivière d'Argent. Accident, suicide ? Cent ans après, la cause de la disparition de ce « grand poète méconnu », ainsi que l'avait qualifié Norge, est encore sujette à controverses.

En cet immédiat après-guerre, Segalen n'avait publié que trois livres : Les Immémoriaux, Stèles et Peintures, et en peu d'exemplaires. Ceux-ci jalonnaient cependant le parcours terrestre de ce médecin de la marine qui avait été à la fois musicologue, ethnologue, sinologue, archéologue, critique d'art, et par-dessus tout poète. Les mondes maori et chinois avaient inspiré ces textes nourris de l'esprit de Rimbaud, et en particulier de la célèbre injonction : « Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. » Cette quête spirituelle amena Segalen au seuil de l'inaccessible Lhassa, symbole terrestre de l'inconnaissable, notion fugace qui pourrait être exprimée par la ...

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