Loti, fines japoneries

Loti, fines japoneries

Pierre Loti fait l'objet d'une exposition : capable de se laisser aller à un exotisme de pacotille dans ses romans, il se montre plus juste lorsqu'il décrit le Japon, qu'il défriche en éclaireur.

Il y a un paradoxe Loti, qui m'intrigue. Demandez autour de vous. Nombreux sont ceux qui l'ont lu, rares ceux qui l'aiment. Au mieux, vous obtenez une moue dubitative. Si bien qu'il aurait pu finir sur une voie de garage, dans un manuel de lecture ou un recueil de poésie pour écoles, façon Charles Péguy, Anatole France ou Maurice Fombeure. Or non, rien de tout ça. On le lit, on le republie, cela fait plus d'un siècle. On en parle. Certains, comme André Breton, le dénigrent, d'autres le pastichent, comme Jean de La Jaline, qui publia une Mademoiselle Myosotis en écho parodique à Madame Chrysanthème.

Loti romancier ne m'a jamais séduit, m'agaçant plutôt. On vante certes avec raison son Pêcheur d'Islande, et Ramuncho n'est pas sans certaines qualités dramaturgiques. Mais, à lire la plupart des romans, d'Aziyadé à Madame Chrysanthème, j'ai souvent l'impression de parcourir un Baedeker d'une époque où ne voyageaient guère, pou ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé