Londres-Louxor, Paris-Sarajevo

Londres-Louxor, Paris-Sarajevo

D'emblée, tout est ici affaire de déplacement - des populations, des identités, des limites éthiques et esthétiques. Le titre, déjà, évoque un trajet imaginaire ; il désigne en fait un ancien cinéma Art nouveau situé à Paris et devenu bar fréquenté par une frange de la diaspora bosniaque. Galerie de freaks aussi bien que d'art, théâtre de rêves qui pour la plupart se fondent dans l'échec, « masques » portés par des personnages toujours doubles, quand ce n'est pas davantage. Esme, l'héroïne, sert par exemple de prête-nom à un grand écrivain qui souhaite désormais publier hors du sien : le succès qu'elle rencontre est donc stricte apparence, curieuse transposition d'un talent littéraire disert chez une femme volontiers mutique, et qui continue de l'être. Cultivant l'oubli comme « une seconde nature » « Son origine était dans cet exil, mais elle n'en parlait jamais », elle ressemble au style déployé avec, pour être honnête, quelques maladresses par Jakuta Alikavazovic : faussement impa ...

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Grand entretien

Jean Starobinski (© Gallimard)

Jean Starobinski
Hommage à ce grand théoricien de la littérature

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