L'ivre d'histoire

L'ivre d'histoire

Il a fait de la Révolution française un roman sans pareil, dont le peuple est le héros. Nouvelle édition en Pléiade d'une « oeuvre philosophique embrumée par les élans du coeur ».

C'est la fin. « Nous n'avons pas à raconter ce qui suit », écrit Michelet. Il a laissé Robespierre sur une table du Comité de salut public. Une balle lui a arraché la mâchoire, la veille, lors de son arrestation. « Sa tête est enveloppée d'un linge sale taché d'un sang noir. » Il souffre, et « un employé hébertiste » l'aide à abaisser « quelque peu ses bas sur ses mollets ». « Je vous remercie, monsieur. » Pour Michelet, tout est dit en un mot. « Monsieur » et non plus « citoyen ». Puis commence le dernier chapitre - bref, intense, définitif - de cette Histoire de la Révolution française, ce grand fleuve à nul autre pareil.

Oublions ici ce qui aurait pu clore le récit, quelques heures plus tard. « Le rugissement » de Robespierre, ses « dents brisées » qui tombent lorsque le valet de guillotine lui arrache le bandeau, « un coup sourd », et puis plus rien... Le 10 thermidor, selon Michelet, c'est comme un Golgotha. « L'horrible », ça n'était pourtant pas l'exécution. C ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard