L'ivre d'histoire

L'ivre d'histoire

Il a fait de la Révolution française un roman sans pareil, dont le peuple est le héros. Nouvelle édition en Pléiade d'une « oeuvre philosophique embrumée par les élans du coeur ».

C'est la fin. « Nous n'avons pas à raconter ce qui suit », écrit Michelet. Il a laissé Robespierre sur une table du Comité de salut public. Une balle lui a arraché la mâchoire, la veille, lors de son arrestation. « Sa tête est enveloppée d'un linge sale taché d'un sang noir. » Il souffre, et « un employé hébertiste » l'aide à abaisser « quelque peu ses bas sur ses mollets ». « Je vous remercie, monsieur. » Pour Michelet, tout est dit en un mot. « Monsieur » et non plus « citoyen ». Puis commence le dernier chapitre - bref, intense, définitif - de cette Histoire de la Révolution française, ce grand fleuve à nul autre pareil.

Oublions ici ce qui aurait pu clore le récit, quelques heures plus tard. « Le rugissement » de Robespierre, ses « dents brisées » qui tombent lorsque le valet de guillotine lui arrache le bandeau, « un coup sourd », et puis plus rien... Le 10 thermidor, selon Michelet, c'est comme un Golgotha. « L'horrible », ça n'était pourtant pas l'exécution. C ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

Offrez un abonnement au Nouveau Magazine littéraire

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon