Un extrait inédit de la suite de « La servante écarlate »

Un extrait inédit de la suite de « La servante écarlate »

Le 10 septembre en version originale, le 10 octobre dans la traduction française, on pourra découvrir ce qu'est devenue Defred, l'héroïne de La servante écarlate. Les testaments est le grand nouveau roman de Margaret Atwood. The Guardian vient d'en dévoiler un extrait inédit disponible en ligne. Le livre est en lice pour le Booker Prize.  

Il y a plus de 30 ans, Margaret Atwood publiait La servante écarlate, dystopie culte et devenue d’une inquiétante actualité après l’élection de Donald Trump à la présidence américaine. « Make Margaret Atwood fiction again », lisait-on sur les pancartes brandies par les femmes lors de la Women’s march le 21 janvier 2017. Dans cette peinture glaçante d’une société totalitaire nommée Gilead, on suivait avec effroi le destin de Defred, incarnée par Elizabeth Moss dans l’adaptation en série télévisée de l’ouvrage diffusée sur HBO. Sur fond de désastre écologique et humanitaire, cette servante à la cape vermillon et au capuchon immaculé autrefois éditrice était devenue l’esclave sexuelle d’un « Commandeur » et de sa femme, dont elle était le ventre reproducteur. 

Intitulée Les testaments, la suite de La servante écarlate paraîtra le 10 octobre en France. La romancière, poétesse et essayiste canadienne sera à Londres également le 10 septembre pour donner une conférence de presse sur l'ouvrage. Un extrait inédit est à lire en ligne sur le site du Guardian. Quinze ans après avoir quitté Defred au fond d’un fourgon blindé, on retrouve les testaments de trois habitantes de Gilead. Extrait : « Dans notre école, le rose correspondait au printemps et à l’été, la prune était pour l’automne et l’hiver, le blanc était pour les jours spéciaux : les dimanches et les célébrations. Les bras couverts, les cheveux couverts, les jupes jusqu’au genou avant que vous atteigniez l’âge de 5 ans et pas plus de deux pouces au-dessus de la cheville après cela, parce que les pulsions des hommes étaient des choses terribles et ces pulsions devaient être freinées. Les yeux d’homme qui erraient toujours ici et là comme les yeux de tigres, ces yeux de projecteurs, avaient besoin d’être protégés de notre pouvoir séduisant et même aveuglant – de nos jambes maigres, minces ou grasses, de nos bras gracieux, noueux, ou boudinés, de nos peaux pâles ou tachetées, de nos boucles entrecroisées de cheveux brillants ou de nos peaux grossières indisciplinées ou de nos tresses de paille, cela n’avait pas d’importance… »

 

À lire : Les testaments, Margaret Atwood, Robert Laffont, Traduit de l'anglais (Canada) par Sylviane Rué, 22€. Sortie le 7 novembre 2019.

Nos livres

À lire : La tempête qui vient, James Ellroy, éd. Rivages/Noir

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Illustration : Le journal des Débats, 27 mars 1899 - source : RetroNews-BnF