L'invention d'une littérature nationale

L'invention d'une littérature nationale

Sous l'action d'Eliezer Ben Yehuda au début du xxe siècle, l'hébreu, une langue alors « mi-vivante, mi-morte », est redevenu un idiome littéraire moderne.

Dans l'aventure nationale moderne du peuple juif, on le sait, rien ne s'est fait comme ailleurs. Son idéologie, le sionisme, est née sous d'autres cieux que là où il aspirait à bâtir son « foyer national », de même que ses partis politiques, ses principaux courants intellectuels, ses chefs, ses cadres mentaux et affectifs. Et sa langue.

Certes, l'hébreu n'a jamais été une langue morte - comme l'a affirmé l'un des héros de cette histoire, l'écrivain hébraïque Yossef-Haïm Brener au début du siècle dernier, « il n'y eut pas une année dans l'histoire du peuple d'Israël où rien ne fut rédigé dans cette langue mi-vivante, mi-morte ». Mais justement, une langue « mi-vivante, mi-morte » n'est pas vraiment une langue vivante. Les juifs priaient, étudiaient, faisaient de la poésie, religieuse ou profane, en hébreu ; mais ils parlaient judéo-allemand yiddish, judéo-espagnol ladino, ou judéo-arabe. Faire de l'hébreu une langue littéraire et parlée complète, capable d'exprimer la vie de l ...

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