L'intégrale de bret easton ellis : american rétro

L'intégrale de bret easton ellis : american rétro

Il a été l'étoile noire du roman américain à la fin du siècle dernier. Alors que paraissent ses ŒŒuvres complètes, l'auteur d'American Psycho est-il toujours à la pointe ou déjà une pièce de collection?

« Disparaissez ici », lit-on comme un refrain dans Moins que zéro. Fallait-il prendre cette phrase comme un présage concernant son auteur, Bret Easton Ellis ? Après avoir mis en roman l'esprit matérialiste, avide et plat des années 1980, puis celui - matérialiste, avide et coloré - des années 1990, le turbulent auteur américain va-t-il «disparaître ici», ou plutôt maintenant ? Un romancier peut-il survivre aux époques qu'il s'est acharné à représenter au point de finir par les incarner ?

Comme le montrent ces ŒŒuvres complètes, de Moins que zéro (1983) à Glamorama (1998), la prose d'Ellis a été ce miroir clinique tendu à l'Occident pour lui révéler ses névroses. À cette fin, Ellis a inventé une nomenclature : « Empire », qui désigne les années Reagan, où une décence artificielle cachait une gloutonnerie sauvage ; puis «post-Empire», qui décrit le monde ultérieur, aussi inhumain mais fragmenté et connecté. Pour décrire ces univers superficie ...

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