L'incendie de la Grande Poste

L'incendie de la Grande Poste

Le Prix Goncourt 2011 consacre son tout dernier livre à la fin d'un monde : il nous offre un texte inédit.

On ne sait jamais exactement quand commence la fin ; dès le début, sans doute, mais l'on ne s'en rend compte que lorsqu'elle est là, bien visible, quand on est déjà sur la pente, sans frein, lancé, et que cela ne prendra fin qu'en bas, tout en bas, à la toute fin, quand il n'y aura plus rien. On le sait toujours trop tard que la fin est proche, quand tout est accompli.

Tout brûlait de l'autre côté du fleuve, je le vis par ma fenêtre, cela éclairait le ciel nocturne d'un rougeoiement sale, les flammes s'élevaient plus haut que les immeubles, un grondement sourd mêlé de brasillements s'entendait très loin. La Grande Poste brûla, deux jours durant, sans qu'on parvienne à éteindre l'incendie, car on y mit peu d'entrain. Les pompiers lâchèrent un peu d'eau puis renoncèrent, ils entourèrent la zone pour que personne ne s'approche, et on regarda brûler, deux jours et deux nuits, davantage la nuit car c'était plus beau. Des papillons de braise retombaient loin du brasier, des fragmen ...

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