L'inavouable « essence du nazisme »

L'inavouable « essence du nazisme »

Faisant de la doctrine hitlérienne non un accident de l'histoire, mais la rationalisation jusqu'au-boutiste d'idéologies déjà admises, trois livres osent plonger dans l'abîme encore sous nos pieds.

Tous les internautes connaissent ladite « loi de Godwin ». Énoncée en 1990, au moment où apparaissaient sur le Net les premiers réseaux sociaux (Usenet), par l'avocat new-yorkais Mike Godwin, elle stipule ironiquement que, « plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité qu'elle débouche sur une comparaison avec les nazis ou Hitler s'approche de 1 » - ce parallèle, nommé « point Godwin », venant alors clore le débat. Dans un essai passablement confus (1), François De Smet explore les interprétations possibles de cette arme massive du « politiquement correct », que le philosophe politique Leo Strauss (1899-1973) avait appelée en son temps la « reductio ad Hitlerum ». François De Smet y voit le symptôme d'une époque, la nôtre, perdue dans un relativisme moral où tout se brouille, incapable de se repérer face à « la contingence, de définir les notions de bien et de mal autrement que par la référence à un événement historique traumatisant. L'a ...

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Grand entretien

Jean Starobinski (© Gallimard)

Jean Starobinski
Hommage à ce grand théoricien de la littérature

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