L'improvisateur

L'improvisateur

Funambules de l'échec, les personnages de Christian Oster cultivent souvent une drôle de résignation positive, un humour grisé plutôt que noir. Cette fois-ci, il s'agit d'un acteur de seconde zone, en proie à une forme exacerbée de lâcher-prise.

La vie serait-elle donc automatique ? Comme les revolvers, les pilotes, les portillons ou les laveries ? Non, pas tout à fait, dans la vie, il faut parfois y mettre du sien. C'est la dix-huitième fois que Christian Oster y met du sien : dans ses romans, il paie de sa personne par personne interposée, un héros vaguement héroïque, qui pourtant réussit chaque fois à traverser tout le livre sans trop d'embûches, sans s'étonner outre mesure des péripéties impromptues, voire d'indécidables rebondissements. Il fait à la fois face et le dos rond, vous verrez, ce n'est pas si facile. À mettre dix fois un peu de soi dans un livre, on finit par se découvrir. Attention : ce n'est jamais le même livre, les uns vous emmènent au bout du monde, la plupart vous le montrent au travers d'un pare-brise, d'un bow-window, ou d'une lorgnette à bout étroit. Ni jamais le même homme, il s'appelle Pierre, Paul ou Jacques, ici Jean (on l'apprendra page 53), mais cela n'a pas beaucoup d'importance, il est un pe ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard