L'impossible monsieur Bossuet

L'impossible monsieur Bossuet

Le prédicateur est d'autant plus virulent à l'égard de Molière qu'il prend la juste mesure des passions et des tourments décrits dans ses pièces.

À la Cour, on riait de Bossuet dans son dos : ce prélat peint par Rigaud tel un Moïse en surplis était comme le taureau à qui l'on tend la muleta, mais de loin, derrière la palissade. L'Aigle voyait rouge devant les turpitudes, il fonçait droit sur l'ennemi. Cela amusait les vieux libertins. Et les autres, tous les traîne-savates de la flatterie de couloir, à qui l'air de la turpitude servait d'oxygène frais, le spectacle d'un homme qui croit vraiment à la Vertu les distrayait de l'ennui. Bossuet était probablement l'homme le plus solitaire de la Cour. Il n'avait pas, il ne désirait pas disposer du répertoire dont usaient alors ses collègues jésuites, ceux-là mêmes qui avaient en charge l'éducation de la jeunesse dans leurs « vénérables institutions ». Dans ses Maximes et réflexions sur la comédie 1694, Bossuet ne daigne pas nommer explicitement la Compagnie de Jésus, mais on voit bien qu'il pense à elle, la rabattant du reste dans son giron d'une manière quelque peu expéditive. Car ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine