Lili des Bellons, le dernier des chevriers

Lili des Bellons, le dernier des chevriers

Dans son récent livre Constellation, Adrien Bosc clame sa passion des seconds rôles. Il part pour le Magazine sur les traces d'un personnage de La Gloire de mon père - fugace sur le papier, mythique aux yeux du jeune Pagnol.

Une photographie sépia, celle de Lili des Bellons, l'ami des collines de Marcel Pagnol. Béret vissé, veste élimée, visage poupon-adulte, « un petit paysan [...] brun avec un fin visage provençal, des yeux noirs et de longs cils de fille ». Enfant, la lecture de La Gloire de mon père l'avait désigné compagnon des dentelles rocheuses, de tout un paganisme provençal qu'il faudrait dédaigner d'abord pour le retrouver plus tard dans le Giono de Naissance de l'Odyssée. Écarter les accents pour les entendre d'une autre oreille, ces mots glanés sous le cagnard des massifs d'Aubagne, sur la rocaille, les bartavelles héroïques, les lièvres zigzaguant entre les coups de fusil maladroits, les sources que l'on tait, les hiboux qui crèvent les yeux, les raccourcis à travers les pierriers, le romarin et le thym enfouis dans la sacoche. Lili des Bellons, l'ami imaginaire, intrépide, solitaire, affranchi, il apparaît au coin d'un sentier, récupère ses prises, disparaît, dépose de n ...

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Entretien

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