Lignes de poudre

Lignes de poudre

L'héroïne est l'héroïne du dernier roman de Mathieu Lindon, Une vie pornographique.

Commençons par le début : « L'héroïne met un nom sur les choses de sa vie », une dizaine de mots, c'est trop peu pour croire qu'on va nous raconter ici l'histoire d'une femme héroïque dotée, comme dit le dictionnaire, « d'une force d'âme exceptionnelle », ou au moins d'assez d'intérêt pour mériter le rôle de personnage principal d'un roman. Mais la suite du premier paragraphe lève aussitôt toute ambiguïté : « L'héroïne met un nom sur les choses de sa vie : intoxication, trafic, compulsion. Dépendance et indépendance. Elle apporte rien à Perrin de ce qu'il en espère que d'éphémère, et durablement ça qu'il n'attendait pas. » Ces quatre lignes commandent tout le texte, pas de Jeanne d'Arc qui boute les Anglais ni de Blanche de Castille qui contraint les Albigeois, mais une autre blanche, tout aussi stupéfiante : la diacétylmorphine poudreuse. Injection, inhalation. Ces deux acceptions du même mot semblent si opposées que les lexiques en font deux entrées séparées : depuis plus d'un siè ...

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