L'homme qui n'aimait pas Poe

L'homme qui n'aimait pas Poe

Pourquoi l'auteur de La Lettre volée a-t-il choisi pour exécuteur testamentaire un critique qui le détestait et qui s'employa à saper sa réputation posthume ? Récit d'une sombre affaire par l'un des traducteurs de son oeuvre intégrale.

Le révérend Rufus Griswold, pasteur baptiste raté converti au journalisme, ne doit d'être passé à la postérité qu'à l'application et à l'opiniâtreté qu'il a mises à nuire à la réputation de son meilleur ennemi attitré, Edgar Allan Poe. Si les erreurs d'appréciation des contemporains sont légion, Griswold représente un cas unique dans les annales littéraires : celui d'une haine implacable, alla Salieri. Couvant du vivant de l'auteur des Aventures d'Arthur Gordon Pym, elle s'est exprimée méthodiquement après la mort de ce dernier. Elle a manqué réussir. D'une certaine manière, elle a réussi, mais sans atteindre le but visé. En cherchant à saper et à ternir l'image de Poe, Griswold a contribué à façonner sa légende, celle qui s'est forgée en France, par exemple, en toute bonne foi, par le truchement de Baudelaire, et qui, malgré les biographies les plus exégétiques et les mieux documentées, perdure jusqu'à aujourd'hui, parce que - et ce n'est pas Poe qui trouvera à y ...

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