L'homme qui en savait trop

L'homme qui en savait trop

Dans La Recherche, Proust massacre presque tous ses proches, témoins devenus gênants de son homosexualité. Cocteau, qui lui ressemblait tant, est particulièrement peu gâté sous sa plume.

Il faut évidemment célébrer Proust, l'explorateur génial qui, le premier, cartographia exhaustivement le territoire démesuré de sa sensibilité. Qui éclaira les mystères de notre inconscient, de nos deux mémoires, volontaire et involontaire, de l'être déroutant que l'on fut enfant, mais aussi de la nature, de l'art, des noms propres ou de lieux, de notre quête inlassable de reconnaissance et de notre absolu dénuement face à l'oeuvre restant à accomplir, de l'amour qui se dérobe, des métamorphoses que les années nous infligent... Comment ne pas encenser aussi le saint qui sacrifia sa fortune, sa santé, et pour finir toutes ses relations au grand oeuvre dont il mourut, à 51 ans tout juste, aussi décrépi que s'il avait traversé siècles et océans, lui qui ne sortait plus de sa chambre ? Impossible d'ignorer le héros qui, longtemps vu comme le plus enragé des snobs et le moins fécond des rentiers se piquant de peindre ou d'écrire, se dépassa dans sa tentative, héritée de Saint-Simon, de B ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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