LEUR LOT QUOTIDIEN

LEUR LOT QUOTIDIEN

Loin d'être tombé en désuétude, le journal intime demeure un exercice pratiqué par de nombreux auteurs, entre humilité et narcissisme, rétention et publication. Moins un genre qu'un espace dont chacun a un usage singulier : une salle d'archives, de jeu, de gym...

« C'est vrai que j'ai regardé "passer les bateaux où je ne monterais jamais". Paresse ? Impatience ? Orgueil de rater mon coup ? » Écrivain raté de son propre aveu, Matthieu Galey a pourtant laissé à sa mort une oeuvre majeure : son journal (lire p. 11). « Document irremplaçable sur le monde littéraire du XXe siècle [...] témoignage poignant sur une vie amoureuse marginale et sur un combat courageux contre la maladie » pour François Dufay, écrivain et critique à L'Express, il n'est paru qu'à titre posthume, amputé de quelques passages par lui-même, sa famille et son éditeur Grasset, passages rétablis dans la version intégrale qui sort aujourd'hui dans la collection « Bouquins ». Galey l'a tenu pendant trente-six ans, ne l'interrompant que le soir de sa mort en y laissant comme une épitaphe cette ultime notation : « Dernière vision : il neige, immaculée assomption. » François Dufay prophétisait : « Son oeuvre posthume pourrait bien survivre à celles de beaucoup de s ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard