L'esprit du sacrifice

L'esprit du sacrifice

Prix sacrifiés. Ce sont des prix de vente «extraordinairement bas», affirme un glossaire du marketing. Tout est dans l'adverbe, qui signale une agression contre la norme. Jolie trouvaille de la publicité, que ce «sacrifice» des prix, ou des marchandises, en offrande à cette idole capricieuse, la clientèle.

C'est entendu, nos mots sont amnésiques ; mais ils ont des éclairs de mémoire. Ainsi, dans le discours pompeux des relations internationales et dans celui des médias de qualité, une expression qui paraît assez récente parle de sacrifier choses et êtres « sur l'autel » de quelque principe, entité ou attitude. Cet autel est souvent celui de l'intérêt, du profit, des bénéfices, des banques, de la productivité ou, d'un nom hideux, celui de la compétitivité. Ce qui fait songer irrésistiblement à certain veau d'or de la Bible. D'autres idoles, des faux dieux sans aucun doute, sont évoquées lorsqu'on use de cette manière de dire : j'ai trouvé (sur Internet, réceptacle de tout écrit) un « autel des réseaux sociaux » où la victime était « la vie privée », et même l'« autel de l'hystérie climatique » sur lequel des irresponsables sacrifiaient « le pays », tout simplement. La polémique, on le sait, fait flèche de tout bois. Ces maudits autels, en tout cas, redonnent au verbe sacri ...

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