Les visagesd'une oeuvre

Les visagesd'une oeuvre

Les photos de l'écrivain semblent issues de ses textes, comme s'il en était l'un des personnages - à moins qu'il ne jette « une image en pâture à la renommée ».

de tous les portraits d'écrivains, ceux de Samuel Beckett sont parmi les plus reconnaissables et les plus attachants. Il faut dire qu'il est bel homme, que son regard porte. Et l'intuition d'un lien entre beauté intérieure et beauté extérieure est profondément enracinée en nous. C'est ainsi, et nous nous jouons bien des tours, certains de voir dans la symétrie d'un visage quelque chose du coeur tapi plus bas.

« Les traits mélangés de saint François et de Gary Cooper », écrit Pierre Michon de Samuel Beckett. Ou, plutôt, du portrait de Samuel Beckett pris par Lutfi Özkök à l'automne 1961, qui parvient, dit-il, à représenter en même temps les deux corps du roi : « verbe vivant et saccus merdae ». L'immatériel et l'enveloppe physique, appelée à la dégradation et à la mort.

Visage en lame de couteau, nez prononcé, prunelle limpide et clairvoyante, auréole de cheveux blancs. Il y a une grâce certaine aux photographies de Samuel Beckett. Et cette grâce vie ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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