Les trois rires

Les trois rires

La philosophe Cynthia Fleury dissèque les formes d'humour, de l'humour instrumentalisé producteur de normes à celui qui échappe à la bien-pensance sans jouer sur le faussement incorrect.

L'humour est-il un lieu de résistance ?

Cynthia Fleury. - Oui, il donne un sentiment de résistance possible ou d'invention d'un autre système. Mais le rire, ce n'est pas que ça. Il existe aussi la convention sociale du rire, qui ne renvoie pas au système d'individuation. Il s'agit du rire codé, pour faire ordre, pour contrôler et normer. Ce n'est pas nécessairement du mauvais rire, mais nous ne sommes pas dans une individuation. C'est presque institutionnalisé. Je pense à tous les rires qu'on vient poser comme moments d'humour dans les émissions, les journaux, etc. Ce rire institutionnalisé a « son créneau ». Mais, un créneau dédié au rire, c'est antinomique, cela n'a aucun sens en termes d'humour. À partir du moment où l'on programme la nécessité du rire, c'est bien que l'on ne rit plus. L'instrumentalisation du rire est désormais permanente dans la société du spectacle. Là, le rire n'est ni vitaliste, ni clinique, ni philosophique ; il pr ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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