Les traits d'union de Saint-Exupéry

Les traits d'union de Saint-Exupéry

Soixante-dix ans après Pilote de guerre et Le Petit Prince, retour sur un homme hanté, dans sa vie et dans ses textes, par les liens défaits - et ceux qu'il faut susciter ou entretenir.

Il ne connut aucun oubli, aucun purgatoire. Il est resté un des écrivains français les plus lus, les plus traduits dans le monde. Il dut subir cependant après sa mort le mépris des intellectuels et des universitaires qui ne le rangèrent jamais au rang de grand écrivain, et distillèrent le poison subtil de la rumeur, celle de n'avoir pas été un résistant. Pour cela on donna Le Petit Prince à lire aux enfants des écoles, mais on neutralisa discrètement ses chefs-d'oeuvre, Vol de nuit, Terre des hommes, Pilote de guerre et Citadelle. Sa famille, qui voulut célébrer justement sa mémoire, l'embauma et en fit une image pieuse : il devint alors une icône intouchable, un monument national, un mythe. Reste cependant la question persistante de sa modernité et de sa présence. Qui est au fond Antoine de Saint-Exupéry ? Qui se cache derrière le masque de cire dont on l'a recouvert ? Et si le mythe ne parvenait plus à contenir les rugissements du « grand ours brun », ses douleurs et ses misères, ses aveux bouleversants et ses coups de gueule énormes ? Celle qu'on avait cru définitivement évincée de son univers, sa femme légitime, Consuelo de Saint-Exupéry, celle qui détenait les archives les plus complètes d'Antoine, sort peu à peu de l'oubli. Depuis l'an 2000, son légataire universel, José Martinez Fructuoso, a décidé de céder au voeu de Consuelo : rendre publiques (pour ce qui peut l'être) ses archives, les sortir de leur nuit, de leurs malles, pour qu'enfin Saint-Exupéry apparaisse dans sa vraie lumière, d'homme, d'aviateur et d'écrivain. Devoir de mémoire, respect des lecteurs. Rendons grâce donc au « petit oiseau des îles », comme la surnommait Antoine, qui, en un dernier clin d'oeil, facétieux et posthume, leva le voile sur les ambiguïtés et les tourments de son mari pour qu'il reste, dans ce XXIe siècle, un point de référence.

S'il est un motif majeur qui scande toute la vie et l'oeuvre de Saint-Exupéry, c'est celui du lien, qu'il soit perpétué (la mère tutélaire et gardienne souveraine de l'intégrité - morale, physique, territoriale -, l'Aéropostale, l'avion, l'écriture, la quête amoureuse idéale, l'amitié) ou au contraire défait (la fracture oedipienne, l'impossible unité, la guerre, la dilution de l'être dans la mondialisation, la fin des villages et l'avènement des cités-Babel, la calomnie). C'est avec la conscience acérée de ce à quoi son humanité l'expose que Saint-Exupéry va tenter de vivre, difficilement, passionnément, mais toujours avec le désir farouche de s'engager, non pas seulement de témoigner, mais d'engager, comme il le disait, sa chair et son sang dans l'existence.

Jeté dans le monde

L'expérience du lien commence dans sa petite enfance, quand il dit s'être senti jeté dans le monde. La mort du père, trop tôt survenue, celle de son frère, dont il voit le cadavre dans le pompeux lit funèbre, qu'il photographie, le laissent désemparé. La clôture familiale s'effrite, ne protège plus des angoisses et des peurs enfantines. Très vite, la demeure familiale, le château de Saint-Maurice-de-Rémens, devient un monde magique, organisé, à l'intérieur duquel il se sent à l'abri des coups du sort. Nulle clôture n'est toutefois étanche. À l'aléatoire, à l'éphémère, il va opposer des images inviolables, indissolubles, inaltérables : la mère, le lit maternel, la petite chambre au poêle bleu, l'odeur de Noël, la table dressée recouverte d'une nappe blanche sans plis, le jardin, la chapelle, tout ce qui tisse des liens, empêche l'éparpillement et l'éclatement. Ces images fondatrices, quelquefois plus rêvées que vécues, deviendront peu à peu idéales, fantasmatiques, et retisseront à leur manière les liens relâchés ou défaits.

Le baptême de l'air qu'il effectue à l'insu de sa famille, en 1912, le révèle à lui-même. L'avion devient l'outil du passage, celui qui relie les mondes. Le rêve d'Icare n'est pas absent de cette révélation : voler, c'est relier, rejoindre, et rejoindre, c'est aussi aimer. Lentement, se mûrit alors une petite philosophie personnelle, une mythologie qui naît de ses manques. L'image tenace de l'enfant génial, solaire et turbulent, véhiculée tant par sa mère que par sa soeur Simone, n'est pas toutefois totalement exacte. Il y a une part d'ombre et de silence, un imaginaire très crépusculaire qui se met en place. Antoine n'est déjà plus celui que la légende familiale a édifié, il n'ignore déjà rien des nuits de l'âme, des conflits inapaisés, des hivers intérieurs. Sa sensibilité exacerbée, son acuité sur le monde et les êtres a fait de lui un être en attente, entier, qui voudra défier les montagnes et rendre compte de l'état du monde. Ses exigences d'enfant envers sa mère témoignent de ce désarroi : petit garçon proustien qui attend dans le noir le rituel baiser maternel du coucher, il a tout compris de l'effacement de soi, de la disparition des êtres, de l'engloutissement des choses, des séparations inévitables. Mais son énergie vitale, puissante, l'oblige à la reconquête. Toute sa vie sera conduite par la nécessité de retisser les fils défaits de l'existence, de recoudre ce qui s'est délié. La longue correspondance qu'il entretient avec sa mère, ses amis, ses amours, avec les écrivains aussi, alterne entre volonté positive de refondation et désespoir. La plainte et le désir de l'action seront les deux tonalités de sa personnalité. Cette bipolarité qui s'observe tant dans sa vie sentimentale que dans ses crises existentielles l'amène à se dépasser sans cesse. S'ouvre ainsi à bas bruit, et sûrement même à son insu, une voie héroïque et spirituelle qui se réverbérera dans toute son oeuvre.

L'écrivain comme agent de liaison

Face à ces « montagnes » qui se présentent devant lui comme autant d'obstacles que de défis, Saint-Exupéry va mettre en place toute une panoplie d'outils qui vont l'aider à avancer dans sa vie. Celle-ci est à considérer comme une vaste entreprise spirituellement conduite, aiguisée par une conscience sans cesse en éveil, poussée par une volonté d'agir que seule la dépression contraindra. Il est remarquable d'observer que le motif de la montagne court dans toute son oeuvre et sa correspondance. C'est peut-être elle qui le pousse à piloter des avions ; il craint ses glissements de terrain, espère inconsciemment la dépasser pour s'y réfugier, à l'instar du Petit Prince, devenu finalement l'enfant à rejoindre dans les airs. Tout est prétexte à apprentissage. À côté des brevets qu'il dépose, et qui sont de belles avancées technologiques dont il est fier, il y a surtout l'avancée spirituelle. L'écriture, l'avion, la quête amoureuse, seront les outils de cette connaissance. Et d'abord l'écriture vécue comme « un vol dans sa nuit ». À son biographe qui évoquait devant elle Vol de nuit, Duras, visionnaire, répondit tout à trac : « C'est plutôt Vol dans sa nuit qu'il aurait dû écrire (1) ! » Et, en effet, quelle piste extraordinaire Duras ne venait-elle pas d'éclairer ! L'auteur du Navire Night sait de quoi est constitué l'écrit, de quelle matière sourde et secrète il est tissé et ce qu'il faut d'endurance et d'intuition, de douleur et d'émerveillement, pour échapper à sa nuit et atteindre à la lumière. Il en va de même pour Saint-Exupéry.

Très jeune, il a tout compris du rôle essentiel qui se joue dans l'écriture : c'est pourquoi il admire surtout les grands poètes et les mystiques, de Pascal à Péguy. L'écrit trouve son encre dans ses manques et ses souffrances intimes, dans l'ardent désir de la « reliaison ». Rejoindre. Participer. Être de... En être. Remonter à la source. Voilà les grands élans de l'écriture exupéryenne. Comme Faulkner, comme Conrad, comme Proust, comme Hemingway ou Dos Passos auxquels il ressemble beaucoup, parce qu'ils opèrent dans les mêmes eaux profondes, il sait que l'écrit naît des « cendres », comme il le confie dans Terre des hommes, et que l'écrivain qu'il est « s'efforce de retrouver les braises de la vie au fond d'un âtre ». Un livre pour lui, c'est d'abord ce « qui donnerait à boire », la vocation de l'écrivain se confond alors avec celle du sourcier. « Je vais chercher loin dans la terre », déclare-t-il dans Écrits de guerre. Et plus sont profondes la quête et la source, plus le retentissement est grand. Car quoi ramener de si lointains forages sinon l'essentiel ? C'est à cela que se vérifient l'immense force existentielle de Saint-Exupéry et sa modernité. Dans ce qu'il condamnait absolument, la dilution de la pensée qui sévit aujourd'hui, dans le triomphe de Babel dont il redoutait les dangers sur l'homme, rien ne se retient et tout se vaut. La pensée de Saint-Exupéry, comme une profération, déclare : « Quand tu écris à l'homme, tu charges un navire. Mais bien peu de navires parviennent. Ils sombrent en mer. Il est peu de phrases qui continuent leur retentissement à travers l'histoire. » Écrire, c'est donc pour lui résonner. Entrer dans la résonance des siècles. S'y maintenir. Les quelques oeuvres qu'il aura écrites tiennent à ce titre le cap de cette résonance. Certes, elles ont été pour beaucoup occultées par les divertissements et les dévoiements de Babel, et par les tris partisans de ceux qui ont fait l'histoire officielle de la France après la guerre. Mais force est de constater que la voix de Saint-Exupéry demeure intacte, source de vie et de force. Cette modernité trouve son apogée dans le style elliptique et direct de Pilote de guerre, et aussi dans ses reportages, auxquels il sacrifia pour des raisons au départ alimentaires. Grand reporter de guerre, il donna à Paris-Soir ou à L'Intransigeant des textes qui sont aujourd'hui des exemples pour la profession. Mauriac, Camus, Duras traitèrent eux aussi l'actualité de leur temps dans le même droit fil que l'« experiment » exupéryen. Être au front, toujours en première ligne, saisir le détail, trouver la formule qui saisit, lire l'histoire au filtre d'une éthique, libre de tout esprit partisan. « On fusille ici comme on déboise », titre-t-il un de ses reportages en Espagne. Et cela ne vaut pas seulement pour les exactions commises par les troupes de Franco mais aussi pour les républicains qui massacrent religieux et nonnes au fur et à mesure des expulsions des monastères...

L'avion entre dans la même problématique. Il est celui qui, comme l'écriture, rejoint et rassemble, permet de traverser les mers, les mentalités, les continents. Quel plus beau symbole que celui de l'Aéropostale, qui fait se rejoindre entre eux les hommes comme dans une farandole de Matisse ? L'avion donna à Saint-Exupéry « l'orgueil des croisés ». Voir apparaître les côtes et les villes, c'est une autre manière de retrouver le lien originel. Comme l'écriture, l'avion permet un autre miracle, celui de « plonger directement au coeur du mystère ». Comme pour elle, il sait qu'il peut s'y abîmer et en mourir. L'écriture, l'avion : un même sacrifice, une même mystique. En une seule formule, Saint-Exupéry rassemble le fait d'écrire et de voler : « Plein ciel, plain-chant », écrit-il. Voler comme écrire, c'est pouvoir rendre aux hommes l'harmonie perdue des grands espaces et l'immensité du ciel, leur redonner la grâce de l'élévation.

La quête amoureuse fait aussi partie de cette vaste aventure : refus et mépris pour les rencontres de passage, inévitables cependant, mais savoir qu'elles ne sont que des « salles d'attente », en espérance de l'union-communion dont seul le lit de la mère a pu donner exemple. Comment atteindre là encore, comment rejoindre l'autre, qui échappe toujours ? La longue litanie qui scande ses lettres à sa mère donne mesure de l'ampleur du manque amoureux et du désir d'être aimé. Le troisième ciel est celui où il voudrait être auprès d'elle, « ce qu'il y a, dit-il, de meilleur dans ma vie ». Les femmes craignent une telle fusion, fussent-elles très amoureuses de lui, et redoutent d'être « la servante du Seigneur », tant l'idéal exupéryen réside confusément dans le modèle de la Sainte Famille. Consuelo, sa femme, pourtant à l'opposé de son idéal physique féminin, deviendra à la fin de sa vie, dans le tragique de la Seconde Guerre mondiale et dans la douleur d'avoir été renié par sa communauté d'écrivains, la rose éternelle, à la manière de la Béatrice de Dante. Il la délivrera de tout ce qu'il lui reprochait dans sa vie conjugale (son babillage, ses dépenses, sa fantaisie, son indépendance), pour ne retenir que cette fidélité hors des codes bourgeois, cette attention constante qu'elle lui porta, ses craintes lorsqu'il partait en vol, cette manière d'être toujours là au moment le plus grave. Elle devint ainsi sa muse, non seulement la rose du Petit Prince, mais il lui fera aussi la promesse d'écrire à son retour de la guerre la suite du conte qu'il intitulerait « La Petite Princesse ». Les lettres de cette époque, pour la plupart encore inédites, puissamment élégiaques, révèlent cette fusion qu'il attend de son couple et les projets qu'il échafaude pour son retour. Écrire, voler, aimer : voilà donc les grandes lignes du petit bréviaire exupéryen.

Gagné par la dépression

La violence du conflit mondial, à quoi s'est ajoutée celle de la cabale conduite contre lui par ses propres amis en exil à New York (Breton, Maritain et tous les résistants de la dernière heure), et en sous-main par les gaullistes, aura raison de ses espérances et de ses projets. Confusément, va s'installer une atmosphère funèbre où se développera ce qu'il appellera la « solitude spirituelle ». Dès 1942, malgré les efforts de Consuelo pour le distraire (elle louera ainsi une grande maison, Bevin House, à Long Island, où il se réfugiera pour écrire Le Petit Prince), une dépression tenace s'empare de lui. Les grands motifs de son oeuvre vont alors se déployer, mais sur un mode mortifère ; ils nourriront une méditation visionnaire sur le monde à venir. Bernanos et même Céline sont ses voisins en écriture. Saint-Exupéry est alors quasi le seul à prophétiser le monde de demain, que Zweig annonçait en creux.

Ce qui apparut au mieux comme un désistement et au pis comme une lâcheté - qui n'était en fait que refus de choisir pour préférer l'unité nationale et la réconciliation - le crucifia mais, comme il le dit avec force, ne le fit pas démordre de sa position. Le pays ne peut se relever dans la discorde et la division : toujours la même obsession du lien à retendre. Devant l'intransigeance d'un homme pour lequel il avait une admiration sans bornes, Jacques Maritain, qui le désavoua publiquement en des termes injurieux, devant la haine que lui vouait André Breton, qui lançait contre lui ses lois « coraniques », comme il le dit, il n'eut finalement pas le choix : pour se laver de « leurs » insultes, pour retrouver cette pureté, celle de son enfance dans le parc mythique de Saint-Maurice, il n'y avait d'autre issue que de s'exposer aux balles ennemies, de se lancer dans la bataille. Il voulut donc accomplir, jusque dans la mort, l'engagement tant prôné par Sartre et ses amis mais jamais réalisé par eux-mêmes. Ne pas faire la guerre depuis le balcon d'un opéra ! disait-il, cinglant.

La désespérance de Saint-Exupéry, son agonie spirituelle, trouva son apogée dans les mois qui précédèrent son départ pour la guerre, en mars 1943. Plus que jamais, sa correspondance est soumise à sa solitude, à sa souffrance, à ses visions d'un monde défait dont la civilisation sera détruite. Plus que jamais les chants de Solesmes remontent à son esprit, ainsi que la mémoire de l'harmonie familiale dans le grand parc, que cristallisent dans son esprit d'innombrables images « minuscules ». La fin d'un monde est en marche : il la pressent. Les termitières aveugles, les cités-Babel, la multiplicité des langues qui contribuera à la confusion, le tout qui se vaut, la dilution des valeurs, l'oubli des cathédrales, des chants grégoriens et de la musique de Bach qu'on entendra à la radio après une rengaine chantée par Maurice Chevalier ! Dans le melting-pot de Manhattan qu'il appelle « la poubelle », comme Camus errant la nuit dans Saint-Germain-des-Prés et shootant nonchalamment dans une boule de papier jetée dans le caniveau et disant : « Où sont mes grillons ? », Saint-Exupéry, plus que jamais Pique la Lune, comme on le surnommait au collège, lève les yeux vers les tours de verre et de fer et lance : « Où est mon clocher ? » Son engagement dans la guerre, acquis de haute lutte et contre la volonté de De Gaulle, fut la tentative de sauver tout son patrimoine spirituel. Dès lors qu'il commença ses missions de photographie, il retrouva l'élan « barbare », comme il l'appelait, de sa jeunesse : il ne s'agissait plus seulement de protéger les hommes et de les veiller, comme il le faisait au cours de ses vols de l'Aéropostale, mais à présent de sauver ce monde et ces hommes. De leur rendre leurs clochers et leur histoire, la paix de Noël et la douceur des déjeuners familiaux. C'est en ce sens que l'héroïsme de Saint-Exupéry est sublime et exemplaire. C'est pour cela que des millions de lecteurs l'ont lu et le lisent encore, et puisqu'il est sans cesse question et jusqu'à l'absurde aujourd'hui de « revisiter » tel écrivain, telle chanson, telle oeuvre, prenons le temps de revisiter Saint-Exupéry, on y trouvera ce que justement il prédisait de l'oeuvre majeure : donner à boire, à comprendre, à atteindre...

Mais le temps pressait : « Quand sera-t-il possible de dire qu'on les aime à ceux que l'on aime ? », écrivait-il, déjà conscient que l'irréparable était accompli. Il le savait trop, de sorte que son acte ultime et frénétique de s'engager tient autant sinon davantage du tragique personnel que d'une conviction patriotique. Il n'eut pas le temps de voir Le Petit Prince publié dans son état définitif, mais il ne pouvait manquer d'observer qu'il lui avait fait rejoindre sa planète pour y retrouver sa rose. Son héros, il l'avait finalement pulvérisé dans l'atmosphère comme une prémonition de sa propre existence. Ainsi on peut dire que jamais vie ne fut aussi cohérente et aussi sincère que la sienne.

 

Photo : Couverture de l'édition Gallimard du Petit Prince © Flickr. 

Son couple avec ConsueloLe prince et la rose

La vie du couple Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry peut faire penser à un tourbillon. Née au Salvador et vivant à Paris, Consuelo rencontre à Buenos Aires Antoine, né en France et vivant en Argentine. Libres l'un et l'autre ils tombent amoureux immédiatement et se marient six mois plus tard en Provence, le 23 avril 1931. Antoine et Consuelo ont été, parmi les premiers, des citoyens du monde avant de devenir, pour l'éternité, les seuls habitants d'une minuscule planète, l'astéroïde 612, lui sous la forme d'un petit prince, elle sous la forme d'une rose. À la fois nomade et nostalgique de la maison familiale, voilà toute l'ambiguïté de la vie d'Antoine. Il désire tout et son contraire, entraînant son épouse dans une vie mouvementée tout en lui affirmant poétiquement qu'il a fait, selon ses mots, sa maison dans son coeur.

C'est ainsi que, de Buenos Aires à New York en passant par le Maroc, l'Espagne, le Guatemala, le Japon et bien d'autres pays encore, le couple s'aime tout simplement. Il est son arbre, elle est sa rose, et rien ne peut vraiment les séparer, surtout pas les frontières. Ensemble ils vivent des aventures exceptionnelles, comme en 1935 où Consuelo accompagne Antoine lors d'une tournée de promotion des voyages aériens en Méditerranée orientale. Du Maroc à la Grèce, les deux époux vont visiter les pays de cette côte et terminer le voyage à Rome pour y rencontrer le pape ! Mais, tout en inaugurant un mode de vie moderne du couple, Antoine et Consuelo en seront aussi, par moments et à leur insu, les victimes à force de vouloir tout concilier. Toujours en mouvement, comme à notre époque, ils ont chacun une activité indépendante et une vie propre. Lui est pilote et écrivain, elle est une artiste qui peint et sculpte, et ces deux personnalités très puissantes mènent parfois une vie de bâton de chaise, entre bohème et vie d'artiste. Dans ce couple dont l'originalité est un atout et une force protectrice, c'est la qualité de la relation qui est primordiale, même si le caractère vibrionnant d'Antoine est un obstacle à tout projet calme et apaisé. Ils savent qu'ils peuvent compter l'un sur l'autre ; c'est ainsi qu'Antoine peut tout obtenir de Consuelo : l'attendre à toute heure du jour et de la nuit, sur le tarmac, à ses retours de vols au-dessus de la cordillère des Andes, à la grande époque de l'Aéropostale, traverser New York pour dénicher une maison au bord de la mer pour écrire son dernier livre, Le Petit Prince. De son côté, Consuelo, qui a une vision plus romantique du couple, sait que son mari, jamais, ne l'abandonnera vraiment et veille sur elle aux pires moments de la guerre. Cette vie tourbillonnante et itinérante est bien différente de l'idéal conjugal classique. Antoine et Consuelo, tous deux à la recherche d'une terre promise inaccessible, ont cependant compris, juste avant la séparation définitive et tellement douloureuse de 1944, que l'important ce n'était pas le but à atteindre mais le chemin que l'on faisait ensemble pour y parvenir : « C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. [...] Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose... » (Le Petit Prince).

Martine Martinez Fructuoso

« Je vous trouve si exquise, Maman... »

Maman, vous êtes ce qu'il y a de meilleur dans ma vie... », « Ma petite Maman », « Maman chérie », « ma pauvre petite Maman »... Saint-Exupéry, pilote, homme d'action, amant et époux, fut avant tout un fils, et plus que tout il aima, sa vie durant, écrire à sa mère. On est de son enfance comme d'un pays, dit-on ; lui ne cessa de tenter d'aller au-delà du manque et de l'exil, pour en conjurer la perte. Que l'écriture passât aussi (et enfin) de l'acte épistolaire à la création ne l'empêcha jamais d'être l'épistolier d'un manque inguérissable, l'enfance. Parée de toutes les grâces « de la maison de souvenirs », de l'amour filial le plus tendre, sa mère, pourtant autoritaire et dominatrice, lui inspira un constant désir de partage et de remémoration du passé.

Des apostrophes au vocatif, les doux impératifs sont la marque de ce dialogue ininterrompu : « Maman, dites-moi », ou « Ma Maman, comme ce serait bon de vous voir », ou, inlassablement, « Écrivez-moi une de vos bonnes lettres », ou « Au revoir, ma maman aimée ». Lui écrire, c'est lui confier les détails du quotidien, les peines, les doutes aussi, les anxiétés mal dominées, c'est surtout l'enfance heureuse au coeur d'un jardin protecteur, l'immense nostalgie du paradis perdu, un instant ravivé. Une image proustienne lui revient à Buenos Aires : « La chose [...] la plus amie que j'ai jamais connue, c'est le petit poêle de la chambre d'en haut à Saint-Maurice. Jamais rien ne m'a autant rassuré sur l'existence. Quand je me réveillais, la nuit, il ronflait comme une toupie et fabriquait au mur de bonnes ombres. [...] Ce petit poêle nous protégeait de tout. Quelquefois vous montiez, vous ouvriez la porte, et vous nous trouviez bien entourés d'une bonne chaleur. [...] Ma mère, vous vous penchiez sur nous, sur ce départ d'anges et, pour que le voyage soit paisible, pour que rien n'agitât nos rêves, vous effaciez du drap ce pli, cette ombre, cette houle, car on apaise un lit comme d'un doigt divin, la mer. » Jamais il ne se libérera de cette nidation de son enfance surprotégée.

« Un sale grand garçon »

Écrire une lettre, c'est garder vivante l'intimité du bonheur - pour que perdure le lien magique avec un passé évanoui. Grâce de donner A lire le geste, la graphie, ses hésitations, ses repentirs - la vie dans son présent retenu. L'amour étant sans doute la seule mémoire réelle, il y a sous les diaprures de l'affection filiale, les creux, le lancinant besoin de se raccrocher au paradis perdu : de la première lettre, à 10 ans, à la dernière, de juillet 1944 - que la destinataire ne recevra qu'un an après la mort de son fils, comme un signe de l'au-delà -, il exprime le besoin de rester un fils, un enfant, un choyé. (« C'est ma fête demain », il a 10 ans ; ou bien « J'ai reçu toutes sortes de trésors, cela m'a éclairé le coeur », il a 21 ans.) Il confie ses désillusions, ses chagrins, ses désirs et ses convictions éthiques, mais chaque lettre se termine par « Votre fils respectueux », et juste avant « Je vous embrasse comme je vous aime », ou « Écrivez-moi une lettre moins triste, Maman chérie », « Je voudrais tant recevoir une lettre de vous », « Si vous saviez comme vous me manquez ». Comme impréparé à l'hostilité du monde, il appelle sans cesse des consolations, par des mots attentionnés : « Je vous trouve si exquise, si vous saviez, Maman, et la plus subtile des "mamans" que je connaisse. Et vous méritiez tant d'être heureuse et aussi de n'avoir pas un sale grand garçon qui toute la journée grogne ou tempête. »

Richesse et ambiguïté de ses lettres, qui sont à la fois l'écriture du bonheur enfui ou projeté et l'affirmation des manques dont il ne parvient pas à s'évader, même en vol, très haut et très loin... Les difficultés matérielles quand il débute, l'importance des vents, du désert lors de ses raids Paris-Saigon ou bien quand il assure la ligne Toulouse-Dakar, les allusions à sa quête intérieure, jamais satisfaite : les mots refondent le cordon ombilical, jamais dénoué.

« Ma petite Maman, vous êtes beaucoup de choses. » Il évoque un séjour à Paris, l'invitera à venir habiter sa chambre, « vous y serez mieux qu'à l'hôtel », puis : « Et nous dînerons en tête à tête, et je vous raconterai des histoires drôles que j'ai apprises pour vous, et vous serez contente. » Pourquoi faut-il toujours contenter cette mère ? Ne trouve-t-il aucun amour vrai, en dehors d'elle ? En attente, il semble murmurer ce qu'il écrit : « Et puis c'est vous qui ferez mon bonheur. »

« Je vous embrasse aussi tendrement que quand j'étais un petit garçon de rien du tout qui traînait une petite chaise verte... maman ! » Ou encore : « Mais dites-vous, ma petite maman, que vous avez peuplé ma vie de douceur comme personne n'aurait pu le faire [...]. Et le moindre objet de vous me tient chaud au coeur : votre chandail, vos gants, c'est mon coeur qu'ils protègent. » Il voulait rester pour toujours le petit prince de l'affection maternelle, qu'il entretenait comme s'il craignait de la perdre...

Olympia Alberti

Pilote de guerre, un poète en mission

Pilote de guerre n'est pas une littérature de l'action, c'est la littérature en action : comptez les pulsations dès les premières pages, elles s'accélèrent, avec néanmoins une grande économie de mots : « Le métier de témoin m'a toujours fait horreur. Que suis-je, si je ne participe pas ? J'ai besoin, pour être, de participer. » Cette participation écrite agit. L'écriture ne se différencie pas de l'acte de piloter au-dessus de l'ennemi. Saint-Exupéry est simultanément pilote de chasse en mission et écrivain. Une guerre personnelle, intime, en communion avec la Seconde Guerre mondiale. La prouesse ignorant la contradiction, l'exploit s'accomplit dans l'instant mais hors du temps : « Les mots sont contradictoires ? Je me moque des mots. » Ou encore : « La vie, toujours, fait craquer les formules. » L'avion de guerre, dans cette langue héroïque, est piloté par un cerveau, par des nerfs, par un coeur d'homme, ce n'est pas encore ces drones dirigés anonymement sur l'ennemi par l'actuelle technologie, chirurgicale jusque dans ses bavures. Pilote de guerre parvient à sublimer la défaite de la France en 1940, grâce à un style moderne, et pourtant archaïquement fidèle au Moyen Âge des cathédrales, à une culture traditionnelle qui a conservé une ferveur de chanson de geste, la grandeur épique, la foi. Pour Saint-Exupéry, le pays est peut-être vaincu, mais sa culture, la culture française, est victorieuse. Pourtant, l'héritier du glorieux patrimoine est lui-même écartelé, sans vouloir reconnaître le duel, entre son rêve chevaleresque d'écrivain et sa lucidité de pilote expérimenté, pessimiste jusqu'à prendre des risques suicidaires. Est-ce une réaction au désespoir s'il n'écrit pas la guerre comme elle est, s'il la réécrit dans sa langue idéaliste, s'il exalte la puissance de l'homme sans pour autant diminuer le pouvoir de la fatalité ? Dans cette recréation, le ciel, qui est le lieu de l'action, symbolise les cimes qu'atteint l'esprit de courage et de sacrifice : « L'acte essentiel ici a reçu un nom. C'est le sacrifice. » Le sacrifice charnellement, presque amoureusement pressenti : « J'ai engagé ma chair dans l'aventure. Toute ma chair. Et je l'ai engagée perdante. » Si l'aveugle marche vers le feu, c'est qu'en lui est le besoin du feu... « La guerre [...]. C'est, à certaines heures, pour le combattant, l'acceptation pure et simple de la mort. » Pour Saint-Exupéry, la mission de guerre et la spiritualité ne sont pas antagonistes : « Je me suis battu pour préserver la qualité d'une lumière, bien plus encore que pour sauver la nourriture des corps. »

Son récit dénonce certes la folie des tueries : « Cent cinquante mille Français depuis quinze jours sont déjà morts [...]. Il est des paquets de fantassins qui se font massacrer dans une ferme indéfendable. » Malgré les massacres, la guerre garde toutefois pour Saint-Ex « le sens spirituel qui nous la faisait nécessaire ». Volontairement simplificateur, Pilote de guerre adresse un hymne à la valeur morale et même rédemptrice de la guerre. L'acte de guerre, dans la langue de Saint-Exupéry, grandit l'homme, éclaire le drame de la conscience, à la lumière du ciel en même temps qu'au feu du combat. Éperdument, il tente d'unir le guerrier au poète, de concilier l'abnégation militaire, patriotique et la sensibilité d'un art visionnaire. Assoiffé d'absolu, épris d'une virilité idéalisée, comment Saint-Exupéry pouvait-il résoudre l'ambivalence des missions dangereuses où devait être maintenu l'équilibre précaire sinon impossible entre la création et la destruction, entre la défense de la vie et l'attaque de la vie, plus particulièrement entre la destruction de la cible et l'autodestruction menaçante ? « Il importe de sauver l'héritage spirituel [...]. » De sa hauteur de vue, voyait-il suffisamment la vie ? Et sa propre vie n'était-elle pas déjà en train de s'éteindre ? Il confie : « Toute la guerre se résume à cette lueur. » Engagé dans une guerre extérieure, il se livre à lui-même un combat intérieur. Sa bravoure, bien plus que l'oeuvre du soldat, est l'oeuvre du poète. En plein combat, elle révèle l'autre guerre : « une guerre mélancolique et toute bleue ». « Ça s'aggrave mais je suis à l'intérieur des choses. [...] Je dispose de mon enfance qui se perd dans la nuit comme une racine. » La guerre contre le temps, contre les temps, ouvre à l'intemporel : « Je suis dans un pays qui me touche au coeur. C'est la fin du jour. Il est de grands pans de lumière, entre les orages, sur la gauche, qui bâtissent des carrés de vitrail. » Le guerrier s'est abstrait de la guerre en la faisant sans faiblir : « Tu crois ça rapide, un avion... [...] Mais si tu oublies la machine, si tu regardes, tu te promènes tout simplement dans la campagne... » Cette guerre aérienne délivre Saint-Exupéy du présent sur terre : « Je cours ainsi vers mon château de feu, dans le bleu du soir, comme autrefois... »

Adulte au désespoir de ne plus être enfant, il se livre : « J'espérais désespérément. Je remontais dans ma mémoire jusqu'à l'enfance, pour retrouver le sentiment d'une protection souveraine. Il n'est point de protection pour les hommes. Une fois homme, on vous laisse aller... » Et il ira. Il part pour la mort. « J'ai eu tort de vieillir. Voilà. J'étais si heureux dans l'enfance. » La tendresse de Saint-Exupéry aspire à humaniser la guerre, sur la route en plein ciel où, « dans les contes de fées de l'enfance, le chevalier marchait à travers de terribles épreuves, vers un château mystérieux et enchanté. Il escaladait des glaciers. [...] Ah ! On ne trompe pas une vieille expérience des contes de fées ». Jusqu'au bout de son idéal invincible, l'humaniste mystique, le lyrique en lutte, se portera au secours d'une civilisation dont il refusait la fin. Antoine de Saint-Exupéry a donné sa vie, par amour, à la substance de l'homme en perdition, et par soumission à la fraternité sacrée que la disparition de l'écrivain, dans l'ultime mission, a cruellement défiée et trahie.

Chantal Chawaf

Un jardin où se poser

Dans une lettre adressée à Mme François de Rose écrite en mai 1944 (1), deux mois avant sa disparition en vol au large de Marseille, Antoine de Saint-Exupéry dévoile dans une écriture distordue et éparpillée cette part secrète de lui-même où le désespoir côtoie l'insoumission. La lettre commence avec les mots du Petit Prince dont il a encore la saveur de l'écriture au bout des doigts : « Les choses qui comptent sont invisibles », et s'achève sur la prémonition de sa mort : « Je suis simplement venu m'asseoir, pour cinq minutes d'éternité. » Désir de stabilité et haine de la dissolution y font le ménage d'une âme oscillante, dépourvue de douceur et d'espérance à ce moment-là, qui trouve refuge dans le clos ordonné du jardin où se promener sans but rassemble et intériorise : « On n'a rien à chercher. Un papillon, un scarabée, un ver luisant se montrent. On ne sait rien de la civilisation du ver luisant. » Que veut dire l'auteur des horizons larges de Courrier sud, celui dont la traversée du désert et la remise du courrier, son chant du monde, remportant encore et encore la victoire de la volonté sur l'espace, du courage sur le temps ?

Quelque chose semble s'être défait dans l'homme pour qui il est « tout de même temps de naître » loin de « l'indigestion des bornes kilométriques » dans le jardin du temps suspendu où passer fait être dans la plénitude de l'instant, dans la déambulation du silence où rien ne se perd. La phobie de la dissolution des « Êtres-cour » par opposition aux « Êtres-jardin » donne à cette lettre son tourbillon de petites confidences et sa lucidité, exposant la nudité d'un homme qui veut poser ses bagages loin des mondaines tribulations en attendant « la vocation de Solesmes ou du monastère tibétain ». Saint-Exupéry, tel qu'en lui-même, dépose les fadeurs de la gloire dans ce coin perdu du jardin des lucioles et des noisetiers, au seuil d'une solitude déjà exprimée au temps des premiers romans face à l'océan du sable saharien mais ici revêtue d'une mélancolie prémonitoire.

Nathalie Nabert

(1) Dans Écrits de guerre, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, 1982, p. 501.

Bibliographie

Vient de paraître

Antoine de Saint-Exupéry. Histoires d'une vie, Alain Vircondelet, Martine Martinez Fructuoso, éd. Flammarion, 220 p., 35 euros.

L'ouvrage se veut de référence. Illustré de documents pour la plupart inédits provenant des archives de Consuelo de Saint-Exupéry, il retrace, au travers de la vie de l'enfant, de l'écrivain, du pilote, de l'ami et de l'amant qu'il fut, les multiples facettes de l'homme et ses contradictions qu'il tenta de résoudre dans l'engagement total.

À lire d'Antoine de Saint-Exupéry

Lettres à l'inconnue, éd. Gallimard, 32 p. illustrées, 17 euros.

Ouvrage précieusement présenté dans un format « beau livre », accompagné des fac-similés des dessins de l'auteur. Correspondance tardivement révélée à la suite du décès de l'intéressée à laquelle Saint-Exupéry fit une cour assidue mais sans succès. Les lettres montrent sa naïveté et son douloureux désir d'être aimé. Les dessins reprennent les motifs du Petit Prince, au sujet duquel il affirme qu'il est mort à présent devant le refus de la jeune femme, infirmière de la Croix-Rouge rencontrée dans le train Oran-Alger.

Écrits de guerre, 1939-1944, rééd. Folio, 520 p., 7,50 euros.

L'ouvrage rassemble la correspondance de Saint-Exupéry de 1939 à 1944, relative donc à la période de la Seconde Guerre mondiale. C'est un des livres les plus passionnants de l'écrivain, révélant l'état de sa dépression et les efforts qu'il fit pour la surmonter. C'est là qu'on peut découvrir Saint-Exupéry au plus près, dans sa vérité d'homme, son dénuement et sa solitude spirituelle.

Sur Saint-Exupéry

C'étaient Antoine et Consuelo de Saint-Exupéry, Alain Vircondelet, éd. Fayard, 480 p., 23,20 euros.

La biographie du couple écrite par le biographe de Saint-Exupéry. De 1930 à 1944, l'auteur suit pas à pas, année après année, Antoine et Consuelo. L'histoire tragique et passionnée de deux enfants terribles égarés dans les prémices et la tourmente de la guerre. Un récit enrichi de nombreux faits inédits.

Sur les pas d'Antoine de Saint-Exupéry, Alain Vircondelet, éd. L'Œuvre, 160 p., 15 euros.

Une approche spirituelle d'Antoine de Saint-Exupéry par son biographe. L'auteur reprend les grands axes de sa vie en les illustrant de témoignages et de documents inédits. Sont particulièrement mis en lumière ses comportements dépressifs et ses aspirations idéalistes et spirituelles qui le poussaient à la vie érémitique, au désir de Solesmes.

Consuelo de Saint-Exupéry. Une mariée vêtue de noir, Marie-Hélène Carbonel, Martine Fransioli Martinez, éd. du Rocher, 600 p., 24,40 euros.

L'ouvrage, écrit grace à la connaissance de celle qui possède la plupart de ces archives inédites, retrace la vie tumultueuse de l'épouse d'Antoine de Saint-Exupéry, qui a traversé le siècle et en a croisé les plus grandes figures.

La Mémoire du Petit Prince, Jean-Pierre Guéno, Jérôme Pecnard, éd. Jacob-Duvernet, 200 p., 30,90 euros.

L'ouvrage, très riche en documents iconographiques souvent inédits, relate la vie de Saint-Exupéry sous un angle plus intimiste. L'auteur a choisi de prendre pour guide le petit prince, son double, pour explorer la trajectoire à la fois lumineuse et sombre de l'écrivain-pilote.

Nos livres

« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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