Les spectres d'Éros

Les spectres d'Éros

Hanté par la mort et le réel nu d'avant le langage, l'auteur de « Dernier royaume » apparie ses fragments et aphorismes à un érotisme violent. En mots et en images.

Un plongeur qui gagne le fond de l'océan, des peintres de vanité ou de natures mortes, le sourire de La Boétie, des écrivains épris de solitude et de mélancolie, des saynètes sidérantes, les fresques de Lascaux, l'antiquité des songes et le chant des oiseaux, un besoin de consolation inextinguible : la thématique de Pascal Quignard, celle du « jadis invisible, sexuel, intangible, imaginaire, violent, aïeul, irréel », s'est installée dans le paysage de nos sensibilités contemporaines. Elle en compose un des pôles, fracturé, elle en porte la négativité et la douleur archaïque. « Je consacre ce Xe tome à "l'attrait" de tout ce qui est faux dans l'art et dans le rêve », annonce l'écrivain dans L'Enfant d'Ingolstadt.

Rarement Pascal Quignard n'a été aussi enragé à l'égard du monde. La haine de la société, l'obsession de la mort, la nostalgie du réel nu d'avant le langage, le refus des vérités de la philosophie, l'intransitivité violente de l'écriture sont portés par des ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

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