Les sons, les chiffres et les lettres

Les sons, les chiffres et les lettres

De Rimbaud et Apollinaire à Raymond Roussel et les oulipiens, bien des écrivains ont été tentés de jouer librement avec la matière même du texte : les sons qu'il produit, les entrelacs des signes typographiques, les nombres ordonnant sa structure...

La poésie est habitée, au début du XXe siècle, par le désir de jouer sur la matière même qui la constitue : phonèmes, lettres (Rimbaud, avec ses « Voyelles » en 1872, fait figure de précurseur) et chiffres (traditionnellement présents en métrique et en prosodie). Dans les Calligrammes d'Apollinaire (1918), les lettres se déploient ainsi dans l'espace pour composer graphiquement une tour Eiffel, une femme au chapeau, une cravate, une montre ou la moustache d'un chat.

Les surréalistes, lecteurs de Freud (1), radicalisent à leur façon ces jeux de lettres, fascinés par la célèbre Joconde à moustache de Duchamp (légendée LHOOQ, en 1919). Il s'agit de faire surgir du sens de l'assemblage et de la recomposition des lettres, de défier en quelque sorte l'arbitraire du signe comme le fait par exemple Desnos dans les poèmes de « Rrose Sélavy (2) » écrits en 1922-1923 : « jeux de mots jets mous », « Les lois de nos dés ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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