Les rois fainéants d'Albert Cossery

Les rois fainéants d'Albert Cossery

Au fil de son ?uvre, l'Égyptien Albert Cossery a célébré la paresse comme une arme de subversion politique : une façon de résister à l'imposture des puissants et d'accéder à une plus grande lucidité.

J'écris pour les jeunes générations parce qu'elles ont le temps de changer. Je souhaite sauver de jeunes âmes. Après avoir lu mes livres, le lecteur ne devrait plus aller au bureau travailler, ni accepter l'ennui d'un parcours déjà tracé comme une ligne droite. » Chez le romancier égyptien de langue française Albert Cossery né en 1916, le travail a très mauvaise presse. En huit romans et un recueil de nouvelles, Les Hommes oubliés de Dieu, il a élevé le personnage du fainéant - mot préféré à « paresseux », jugé moins « joli » - à la dignité d'un roi. Ses rois fainéants sont le plus souvent des va-nu-pieds : voleur, mendiant, professeur de mendicité, gardien du sommeil, passeur de rues... Dans la vallée des rois cossériens, il existe même des « étoiles paresseuses » qui éclairent ces valeureux. Thème récurrent de l'?uvre de ce « dandy sybaritique », la paresse est beaucoup plus qu'un accessoire romanesque destiné à créer l'atmosphère d'une Égypte nonchalante. Ni couleur locale, ni ca ...

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