Les résurrections d'un héros

Les résurrections d'un héros

Si les avatars oedipiens sont innombrables dans la littérature, ils demeurent pour l'essentiel allusifs ou cryptés. Les adaptations explicites du mythe, intimidant, restent assez rares et se concentrent sur deux périodes : la seconde moitié du XVIIe siècle et les années 1920-1940.

Le mythe est une hypothèse infinie, sans cesse en invention. Marcel Detienne rappelle dans L'Invention de la mythologie qu'il est un espace de débordement, « un site provisoire, une place ouverte, un lieu nomade ». De l'Antiquité au monde contemporain, les formes artistiques traversent les mythes. Le legs oedipien n'est pas seulement l'occasion d'imitations, il est le lieu d'interrogations et d'invention de formes. Car le mythe n'est pas seulement la mise en scène d'archétypes (moraux, héroïques ou mystiques), il est surtout le moment fondateur d'un imaginaire culturel.

La littérature est au coeur du processus mythologique et d'une relation conflictuelle. Si l'on envisage le mythe comme une parole archaïque, sa transformation littéraire ouvre différentes interprétations. Le passage à l'écriture (le logos) peut être envisagé comme une perte du caractère sacré et mystérieux du muthos (voir Lévi-Strauss ou les distinctions de Vernant). Cependant, la li ...

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