Les plantes encore en friche

Les plantes encore en friche

Quand l'humain commence à se reconnaître animal parmi d'autres, il reste « zoocentré » et laisse dans l'ombre les végétaux. L'existence de ceux-ci suscite enfin beaucoup d'appétit intellectuel et scientifique.

l'antispécisme peut se vanter d'avoir vaincu les restes d'anthropocentrisme qui dominaient notre culture, et pourtant un autre spectre hante notre monde : celui du zoocentrisme. Nous arrivons à peine à nous en apercevoir mais la presque totalité de nos concepts est tirée de notre expérience - empirique, contingente, limitée et non universelle - d'animaux, capables de mouvement, de perception, de pensée cérébrale, de sommeil. Deux parmi les plus grands botanistes contemporains, le Français Francis Hallé et l'Américain Karl J. Niklas, ont déjà dénoncé à quel point la biologie était entièrement centrée sur l'animal et donc condamnée à négliger et à déformer les formes de vie qui n'en relèvent pas. C'est le cas évidemment aussi de notre langage quotidien et de nos représentations morales : au fond, il est plus facile pour nous de nous projeter dans la tête d'un animal que dans le corps d'un champignon. Non seulement la libération est promise exclusivement aux animaux supérieurs ...

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