Les paradoxes de la poésie

Les paradoxes de la poésie

La poésie est chez Antonin Artaud une recréation perpétuelle, un souffle échappant à toute codification et claustration. En tant que telle, elle est rebelle à tout savoir ou pouvoir figé.

En mai 1924, Antonin Artaud envoie des poèmes à Jacques Rivière. Devant le refus de celui-ci de les publier, Artaud lui écrit ceci : « Je suis en disponibilité de poésie. Il ne tient qu'à des circonstances fortuites et extérieures à mes possibilités réelles que je ne me réalise pas. Il me suffit que l'on croie que j'ai en moi des possibilités de cristallisation des choses, en des formes et avec les mots qu'il faudrait. »

De tels propos disent avec netteté, à l'adresse de son correspondant, une chose très singulière : une ?uvre est à venir sous le signe même de la poésie - sans qu'on puisse savoir ce que ce terme recouvre ; une ?uvre s'annonce ainsi dans son indétermination en mettant d'emblée le travail sous le double registre des « formes » et des « mots ». Comme si, donc, dans ses premiers tâtonnements, Antonin Artaud pressentait la carrure d'ensemble de ce qu'il allait faire et qu'il s'agissait de situer en effet du côté de la modification des formes autant que de celle de ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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