Les ombres portées du cinéma

Les ombres portées du cinéma

Naissant presque en même temps que Dracula, le cinéma peut partager avec le gothique littéraire, au-delà des imageries, bien des hantises et des motivations. Renouer avec l'enfance du monde et de son art : un désir toujours déçu mais relancé, de Murnau à Tim Burton.

Trois ans avant son invention officielle, le cinéma vient à la rescousse du gothique. Dans Le Château des Carpathes (1892), Jules Verne investit en effet un genre qui peut déjà paraître érodé, plus d'un siècle après sa cristallisation anglaise. De fait, le livre, comme frappé de sidération, a tendance à tourner en rond - autour d'un château, cela va de soi. Le récit suit ainsi, en Transylvanie, des personnages aimantés par les ruines d'une forteresse abandonnée, où se distinguent de mystérieux signes d'activité, et bientôt le spectre d'une femme. L'apparition se révélera (Attention spoiler !) un simulacre, le produit d'une lanterne magique dernière génération. Tel qu'il est décrit, le dispositif évoque franchement la projection cinématographique. Somme toute, les sombres châteaux du roman gothique avaient peut-être toujours été des chambres noires, des studios de cinéma ou des salles obscures, attendant juste, pour se révéler, que les frères Lumière se réveille ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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