Les mots de minuit

Les mots de minuit

Un jour qu'une revue de pédiatrie lui demande d'être une fée qui se pencherait sur un berceau, Charles Juliet souhaite au nouveau-né « une vive sensibilité », « une ardente passion » contre l'ennui des heures, et « une lourde épreuve qui démantèle tes défenses, te jette à terre, te laisse nu... L'essentiel sera que tu sois démoli ». On ne peut mieux résumer celui qui rédigea à trois reprises une lettre d'adieu et que les mots d'une femme ont définitivement sauvé. Dans le sixième tome de son Journal, entamé en 1957, une tranquillité en éveil succède à la dépression et à la mélancolie. Dans cette écriture au quotidien du symptôme, les signes évidents du mieux-être : une écoute aussi empathique que psychanalytique de la souffrance de l'autre, la disponibilité aux voyages Mexique, Laos, Japon, le plaisir de la peinture et du jazz, la fascination inapaisée des mystiques, la quête d'une spiritualité qui exclut toute Église. Et toujours la question de l'écriture à laquelle le ramènent par ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé