Les meilleurs romans de l'année 2019

Les meilleurs romans de l'année 2019

La littérature française et la littérature étrangère se partagent à égalité notre palmarès des meilleurs romans de l'année 2019 : dix ouvrages d'exception sélectionnés par Alexis Brocas, rédacteur en chef adjoint et responsable de la rubrique fiction du Nouveau Magazine littéraire.

L'Ami, Sigrid Nunez (Stock)

L'Ami, Sigrid Nunez

« Ce roman qui constate l'agonie de la littérature se révèle éminemment littéraire, plein de variations formelles, où chaque paragraphe est ciselé. Il a été couronné du National Book Award - équivalent américain du Goncourt. Cela a transformé Sigrid Nunez, autrice discrète de 68 ans qui, comme Keats, avait fait "voeu de pauvreté" pour écrire, en sensation littéraire de l'année. Tout n'est donc pas perdu. » - A. B.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Mathilde Bach, éd. Stock, 270 p., 20,90 €

 

« Le Chant des revenants », Jesmyn Ward (Belfond)

Le chant des revenants, Jesmyn Ward

« On présente Jesmyn Ward comme une descendante de Faulkner, parce qu'elle vient du Mississippi et excelle à faire parler les personnages déshérités. Pour notre part, nous lui trouvons un côté Romain Gary – on n'avait pas entendu de voix d'enfant aussi crédible et touchante depuis La Vie devant soi. Et un côté García Márquez, par sa façon de recourir au surnaturel et à la mythologie non pour expédier le lecteur hors de ce monde, mais pour décrire celui-ci par des voies détournées. » - A. B.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Charles Recoursé, éd. Belfond, 272 p., 21 €

 

« Ordesa », Manuel Vilas (Sous-sol)

Ordesa, Manuel Vilas

« Ils étaient des parents ordinaires qui s'appliquaient à vivre des vies ordinaires dans l'Espagne de Franco, indifférents à la religion comme à la politique. (…) Leur vie ne fut pas de l'étoffe dont sont tissés les romans. Et pourtant, leur fils, l'écrivain Manuel Vilas, les a transformés en figures nationales par la grâce d'un texte extraordinaire, qui n'exclut pas la noirceur, mais se sert d'une forme de pensée poétique pour trouver l'amour dans les recoins les plus triviaux. » - A. B.

Traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon, éd. du Sous-sol, 400 p., 23 €

 

« Le Clou », Zhang Yueran (Zulma)

Le Clou, Zhang Yueran

« Ce clou est la métonymie d’une très vaste intrigue tissée de jalousies, d’adultères et de culpabilités, où les péchés des grands-pères pourrissent les vies des pères et retombent sur leurs petits-enfants. Une mécanique terrible fondée à la fois sur la psychologie et sur les déterminismes sociaux : en Chine, la faillite d’un homme signe aussi celle de sa famille. La tragédie enfante les tragédies. Il y aura un remariage empêché, une fugue amoureuse ratée, une autre réussie pour le malheur des amants… Tout un écheveau d’intrigues sino-shakespeariennes qui impressionne par son ampleur. » - A. B.

Une critique à lire dans notre numéro de janvier 2020, en kiosque dès le 19 décembre.

Traduit du chinois par Dominique Magny-Roux, éd. Zulma, 592 p., 24,50 €

 

« La Frontière », Don Winslow (Harper Collins)

La Frontière, Don Winslow

« C'est un choc comparable à la lecture de votre premier James Ellroy. Une plongée hyperréaliste dans un pandémonium de personnages fictifs souvent si vrais que l'on en reconnaît sans peine les modèles. Une tentative réussie de capturer dans une même narration tout un pan de l'histoire occulte du monde. Et une nouvelle manifestation des pouvoirs de la fiction. » - A. B.

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean Esch, éd. Harper Collins, 850 p., 23,90 €

 

« Marcher jusqu'au soir », Lydie Salvayre (Stock)

Marcher jusqu’au soir, Lydie Salvayre

« Comment classer ce livre ? On parlerait volontiers d'une mosaïque mêlant l'essai à l'autobiographie, à l'autofiction même. Mais ses pièces sont si bien serties par l'écriture qu'elles forment, plutôt qu'un manteau d'Arlequin, un tissu uni – un tissu de vérités, peut-être. Ainsi, Marcher jusqu'au soir, qui devait être un pas de côté, devient un ouvrage central dans l'oeuvre de Lydie Salvayre, et l'un des plus beaux textes sans fiction de ces dix dernières années. » - Alexis Brocas et Aurélie Marcireau

Éditions Stock, 212 p., 18 €

 

« Sérotonine », Michel Houellebecq (Flammarion)

Sérotonine, Michel Houellebecq

« Sérotonine est un des plus grands livres de Houellebecq. Peut-être le plus touchant avec Extension du domaine de la lutte. Pour nous, Houellebecq n’a jamais été un cynique ou un nihiliste. Il ne s’est jamais placé au-dessus de ses personnages pathétiques, mais à leurs côtés. S’il a un point commun avec Céline – celui du Voyage ou de Mort à crédit – c’est d’abord cette attention pour les vaincus. L’art de la provocation, sincère ou calculée, vient ensuite. » - A. B. 

Éditions Flammarion, 344 p., 22 €

 

« La Tentation », Luc Lang (Stock)

La Tentation, Luc Lang

« C'est une histoire familiale qui cache une passation de pouvoir, ou une chanson de geste moderne dans laquelle un seigneur d'aujourd'hui se voit dépossédé de son fief. (…) On l'aura compris, c'est un peu l'époque que raconte Luc Lang, mais il la raconte à hauteur d'homme, par la grâce d'une belle écriture qui saisit précisément les mouvements des corps et les mouvements des coeurs… » - A. B. 

Éditions Stock, 354 p., 20 €

 

« Les Furtifs », Alain Damasio (La Volte)

Les Furtifs, Alain Damasio

« Contrairement aux dystopies traditionnelles, Les Furtifs ne se contentent pas d'effrayer en explorant les dimensions les plus pernicieuses et aliénantes de la société de contrôle, mais proposent des lignes de fuite respirables et stimulantes. Des alternatives. » - Marie Fouquet

Éditions La Volte, 704 p., 25 €

 

« Rouge impératrice », Léonora Miano (Grasset)

Rouge impératrice, Léonora Miano

« Léonora Miano impressionne par son habileté à affûter les arguments de personnages aux opinions politiques les plus divergentes. Par la puissance même de ses inventions, par le métissage des langues mais aussi des genres – du roman d'amour au manifeste politique en passant par l'espionnage et la science-fiction –, elle concrétise cette réappropriation de l'imaginaire et ce brassage assumé des cultures qu'elle ne cesse d'appeler de ses voeux. » - Camille Thomine

Éditions Grasset, 608 p., 24 €

 

Dans la méme rubrique. Fiction : notre sélection 2018

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé