Les lettres et le néant

Les lettres et le néant

Certains textes sont inséparables de leur histoire, du contexte de leur genèse et de leur publication. Ainsi de Suicide, qu'Édouard Levé remit à son éditeur dix jours tout juste avant de se tuer, en octobre dernier. À 42 ans. « Il me l'a donné le 5, précise Paul Otchakovsky-Laurens lors de notre entretien dans les bureaux de la maison P.O.L. Je lui ai téléphoné le 8 pour lui dire que j'avais été complètement saisi par le livre ; nous avons pris rendez-vous pour le 18 afin de discuter de sa parution ; il s'est suicidé le 15. » À la lumière des travaux d'Édouard Levé, qui n'eut de cesse de faire entrer le champ de l'art conceptuel dans celui de la littérature, on aurait pu voir dans sa mort une sorte de performance artistique ultime. Il n'en est rien : si le geste esthétique a rejoint le geste existentiel, ce n'est que coïncidence. Une coïncidence évidemment frappante, mais en aucun cas préméditée. Édouard Levé était hanté par cette question - voilà tout ce qu'on peut déduire de ses t ...

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