Les illusions perdurent

Les illusions perdurent

Robert Linhart

L'auteur de L'Établi raconte un Lénine intime et fraternel, qui contemplait au seuil de sa mort le matérialisme dialectique s'enrayer comme une chaîne de vélo.

Il faut sans doute remonter cent ans en arrière, en 1920, pour retrouver autant qu'aujourd'hui l'idée d'un monde défait et à refaire, d'une césure que l'on désirerait la plus véhémente possible entre un avant et un après. En 1920, la boucherie de la Première Guerre mondiale et la crise de l'impérialisme posent dans les pays d'Europe les questions de l'organisation sociale, du système de production, mais, pour commencer, de la simple survie.

Partout, la faim taraude. Surtout dans les pays vaincus. Or, comme l'écrit Keynes dans Les Conséquences économiques de la paix (1919), « les hommes ne mourront pas toujours calmement ». Lorsqu'il fait famine, « l'homme s'agite et les liens de l'usage sont brisés. Le pouvoir des idées est souverain. L'homme écoute toutes les suggestions d'espérance, d'illusion, de vengeance qui lui sont apportées par le vent ». C'est au communisme que Keynes fait ici allusion alors qu'à l'autre bout du continent le premier État prolétarien durable ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes