Les Goncourt à l'affût de leur siècle

Les Goncourt à l'affût de leur siècle

L'indiscrétion n'est pas toujours un vilain défaut. Les frères Goncourt en firent même une vertu essentielle : l'indiscrétion devient avec eux à la fois principe de vie et règle d'écriture. Fréquentant assidûment les dîners mondains, chez Magny, Daudet, la princesse Mathilde et tant d'autres, les deux frères s'échinent à jouer les curieux : ils détaillent les intérieurs, jaugent les invités, notent confidences, répliques, et traits d'esprit. Ils sont dans les salons comme des chasseurs en arrêt. Redoutable duo : d'un côté Jules l'exubérant, de l'autre Edmond le mélancolique avec ce terrible regard qui, aux dires de ses victimes, « a l'air de fouiller au fond des gens ». Les mots leur servent de filets pour piéger leurs proies ; comme d'autres braconnent, ils potinent le verbe, apparu à la fin des années 1860, semble inventé pour eux. La soirée terminée, ils consignent leurs impressions dans leur Journal. Monumental travail, conduit de 1851 à 1895, au total neuf volumes de croquis et ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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