Les frontières invisibles

Les frontières invisibles

Le repli nationaliste qui a suivi la Grande Guerre a atteint les avant-gardes, pourtant internationalistes dans leur pratique.

Si personne ne songe à nier que l'avant-garde a été, dès ses débuts, une affaire cosmopolite où les artistes, les manifestes et les oeuvres passent les frontières entre les pays sans problème, la généalogie de l'avant-garde européenne est cependant étroitement liée aux tendances impérialistes et nationalistes qui marquent la plupart des grands pays en Europe entre le tournant du siècle et les Années folles. La Première Guerre mondiale, on le sait, y est pour beaucoup dans le raidissement nationaliste que connaissent les milieux artistiques et littéraires entre 1914 et 1918. Dans une étude qui a fait date, l'historien de l'art Kenneth E. Silver (1) a mis en évidence les tendances nationalistes qui ont marqué l'avant-garde parisienne, de Léger à Picasso, durant la guerre et l'immédiat après-guerre, marqués par ce qu'on a appelé un retour à l'ordre. Mais on est en droit de se demander si la guerre est vraiment la seule cause de cette radicalisation, de cette mise au pa ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes